Face à la grève générale de 72 heures prévue du 21 au 23 octobre, l’Association des délégués de quartier de la commune de Keur Massar Nord (ADQ-KMN) appelle le gouvernement et les centrales syndicales à renouer le dialogue. L’organisation invoque notamment les difficultés sociales, l’épidémie de diphtérie et la proximité des Jeux olympiques de la jeunesse pour plaider en faveur d’un compromis.
L’Association des délégués de quartier de la commune de Keur Massar Nord (ADQ-KMN) monte au créneau face aux tensions qui secouent le front social sénégalais. À la veille de la grève générale de 72 heures prévue les 21, 22 et 23 octobre 2026, elle invite le gouvernement et les centrales syndicales à faire preuve de responsabilité et de patriotisme afin d’éviter une paralysie préjudiciable aux populations.
L’association rappelle que le comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale s’est réuni le 15 octobre sous la présidence du Premier ministre. À cette occasion, le chef du gouvernement avait demandé aux organisations syndicales de surseoir à leur mouvement jusqu’à la prochaine réunion, annoncée en janvier. Malgré cette sollicitation, le mot d’ordre de grève a été maintenu.
Dans sa déclaration, l’ADQ-KMN affirme se tenir à égale distance du gouvernement et des organisations syndicales. Elle reconnaît à la fois la légitimité du droit de grève et des revendications des travailleurs, ainsi que la responsabilité de l’État dans le respect des procédures et la continuité du service public.
L’organisation insiste cependant sur le caractère contraignant des engagements pris par les différentes parties, aussi bien dans le cadre du Pacte national de stabilité sociale que des protocoles sectoriels. Elle appelle, par conséquent, l’État à respecter les échéances convenues pour l’exécution de ses engagements et les syndicats à épuiser toutes les voies de dialogue et de conciliation avant de recourir à l’arrêt de travail.
Des populations déjà éprouvées
Pour justifier son appel à l’apaisement, l’ADQ-KMN met en avant les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses familles. Les conséquences des inondations restent importantes, tandis que la cherté de la vie continue de peser sur les dépenses liées à l’alimentation, au transport et au logement. À ces préoccupations s’ajoutent les défis d’une rentrée scolaire à peine engagée.
L’association s’inquiète également de la situation sanitaire liée à l’épidémie de diphtérie. Selon le point de situation du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique arrêté au 11 octobre 2026, le Sénégal comptait 301 cas confirmés et 12 décès dans 13 régions. La région de Dakar enregistrait 43 cas, dont huit dans le district sanitaire de Keur Massar.
Dans ce contexte, l’ADQ-KMN estime que la continuité des soins, de la surveillance épidémiologique et de la vaccination des enfants ne doit pas être fragilisée par les tensions sociales. Elle souligne ainsi les conséquences potentielles d’une interruption prolongée des services essentiels sur des populations déjà vulnérables.
Les JOJ en ligne de mire
L’approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), dont l’ouverture est annoncée pour le 31 octobre 2026, constitue un autre argument avancé par l’association. Le Sénégal s’apprête à accueillir la première édition de cette compétition organisée sur le continent africain, une échéance que l’ADQ-KMN considère comme une occasion majeure de rayonnement national.
L’organisation appelle donc les acteurs sociaux à faire preuve de mesure et à privilégier l’intérêt supérieur de la Nation.
Elle prend également acte de l’appel lancé par le président du Haut Conseil du dialogue social aux centrales syndicales pour qu’elles suspendent leur mouvement. Elle estime néanmoins que cette institution tripartite doit aller au-delà des appels adressés à une seule partie et jouer pleinement son rôle de médiation, de facilitation et de prévention des conflits.
À l’approche d’une grève d’une telle ampleur, l’association aurait souhaité une initiative plus visible de rapprochement entre les protagonistes. Elle invite ainsi le Haut Conseil du dialogue social à assumer pleinement sa mission, avec le soutien de l’État, du patronat et des organisations de travailleurs.
En définitive, l’ADQ-KMN exhorte les parties à se retrouver autour de la table des négociations pour rechercher une issue consensuelle. Elle se dit disponible pour contribuer à cette démarche en mobilisant ses membres dans des actions de sensibilisation et d’apaisement auprès des populations.

