𝗟𝗮 𝗽𝗿𝗼𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹’𝗵𝗼𝗻𝗼𝗿𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗔𝗺𝗮𝗱𝗼𝘂 𝗕â 𝗺𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗲 𝘂𝗻 𝘃𝗲́𝗿𝗶𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲́𝗯𝗮𝘁 𝗱𝗲 𝗽𝗿𝗶𝗻𝗰𝗶𝗽𝗲, 𝗮𝘂-𝗱𝗲𝗹𝗮̀ 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗹𝗶𝘃𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀…Par Adama Mbengue

Le Bénin a déjà instauré un mécanisme visant à encadrer la transhumance des maires. Au Sénégal, la réforme du Code électoral de 2021 a consacré l’élection du maire au suffrage universel direct, renforçant ainsi le lien entre l’élu et les citoyens. Pourtant, après les élections locales de 2022, plusieurs maires ont changé de camp politique tout en conservant leur mandat. Cette situation pose une question fondamentale.

 

𝗟𝗲 𝗺𝗮𝗻𝗱𝗮𝘁 𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝗳 𝗲𝘀𝘁-𝗶𝗹 𝘂𝗻 𝗯𝗶𝗲𝗻 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹 𝗱𝗲 𝗹’𝗲́𝗹𝘂 𝗼𝘂 𝘂𝗻𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗽𝗲𝘂𝗽𝗹𝗲 𝗹𝘂𝗶 𝗮 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗶𝗲́𝗲 ?

 

En démocratie, l’électeur ne vote pas seulement pour une personne. Il vote pour un projet, une équipe, une vision et des engagements. Changer d’allégeance en cours de mandat sans retourner devant les électeurs revient à modifier unilatéralement les conditions de cette confiance et fragilise la sincérité du suffrage.

 

La liberté politique de l’élu est un principe essentiel. Mais elle doit s’exercer dans le respect de la souveraineté populaire, de la loyauté envers les électeurs et de la confiance démocratique. Moraliser la vie publique ne consiste pas uniquement à lutter contre la corruption ; c’est aussi garantir que le vote des citoyens ne puisse être détourné au gré des recompositions politiques.

 

Si un élu estime que ses convictions l’obligent à changer de famille politique, la solution la plus conforme à l’éthique démocratique est simple : rendre la parole au peuple.

 

C’est à cette aune que la proposition de l’honorable Amadou BA mérite d’être examinée : non comme une sanction, mais comme une exigence de cohérence entre le suffrage exprimé et le mandat exercé.

Adama Mbengue

Juriste – Consultant sur les questions migratoires

Conseiller Municipal

 

Dieyna SENE
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