Finances locales : la Banque mondiale pour une gouvernance fondée sur la transparence et la performance, appelle les collectivités à s’approprier l’OBFiLoc

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa gouvernance territoriale avec la mise en production de l’Observatoire des Finances Locales (OBFiLoc). Lors de la cérémonie officielle de lancement, organisée jeudi à Dakar par la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor, Pierre Bonneau, responsable des opérations de la Banque mondiale au Sénégal, s’est exprimé au nom de l’ensemble des partenaires techniques et financiers pour saluer une réforme qui, selon lui, marque un tournant dans la gestion des finances des collectivités territoriales.

Face aux autorités administratives, aux élus locaux, aux représentants des partenaires au développement et aux acteurs de la décentralisation, il a présenté l’OBFiLoc comme bien plus qu’un simple outil numérique.

« Toute grande réforme commence par des questions simples : comment mieux servir les citoyens ? Comment faire en sorte que chaque franc public produise des résultats tangibles, visibles et équitables sur l’ensemble du territoire ? », a-t-il déclaré en ouverture de son allocution.

Un instrument stratégique au service de la décentralisation

Pour la Banque mondiale et ses partenaires, l’Observatoire des Finances Locales constitue une réponse concrète aux défis de la transparence, de la redevabilité et de l’efficacité de l’action publique locale.

Pierre Bonneau a rappelé que cet outil s’inscrit dans la longue dynamique de décentralisation engagée par le Sénégal. Il permettra désormais à l’État, aux collectivités territoriales et à leurs partenaires de disposer d’une vision consolidée et actualisée des finances locales, grâce au suivi des recettes fiscales et non fiscales, des dépenses de fonctionnement, des investissements ainsi que de la situation budgétaire des communes et départements.

Selon lui, l’OBFiLoc représente « un instrument de pilotage sans précédent » qui favorisera une meilleure planification des politiques publiques locales et renforcera le dialogue entre les élus et les citoyens.

L’outil vient également compléter le logiciel GFILOC (Gestion des Finances Locales), déjà déployé dans le cadre des réformes budgétaires, en accompagnant le passage d’une gestion basée sur les moyens à une logique davantage orientée vers les résultats.

Le PACASEN, levier de la transformation des collectivités

Le responsable des opérations de la Banque mondiale a rappelé que cette réalisation est le fruit du Programme d’Appui aux Communes et Agglomérations du Sénégal (PACASEN), cofinancé par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD).

Au-delà du financement, il a insisté sur le travail mené depuis plusieurs années pour renforcer durablement les capacités institutionnelles des collectivités territoriales.

« Notre appui a porté autant sur les systèmes d’information que sur les systèmes de gestion et de contrôle. L’OBFiLoc est aujourd’hui l’expression concrète de cette transformation », a-t-il expliqué.

Pierre Bonneau a également salué la contribution de l’ensemble des partenaires techniques et financiers, des coopérations bilatérales ainsi que des organisations de la société civile, estimant que cette réforme est avant tout le résultat d’un engagement collectif au service d’une gouvernance locale plus performante.

Une réforme qui doit produire des résultats concrets pour les populations

Au-delà de sa dimension technique, le représentant de la Banque mondiale a insisté sur l’impact attendu de cette réforme dans la vie quotidienne des citoyens.

Pour lui, une meilleure mobilisation des ressources locales et une gestion plus efficace des investissements doivent se traduire par des infrastructures de meilleure qualité, des services publics plus performants et des réponses plus adaptées aux besoins des populations.

Il a d’ailleurs mis en avant les premiers résultats obtenus dans le cadre du PACASEN. Aujourd’hui, 94 % des collectivités urbaines bénéficiaires satisfont aux conditions minimales de gestion financière, un indicateur qu’il considère comme le signe de progrès importants dans la modernisation des finances locales.

Grâce à l’OBFiLoc, les autorités disposeront désormais d’un dispositif permettant de suivre en temps réel la performance financière des collectivités, d’identifier rapidement les difficultés, de diffuser les bonnes pratiques et de renforcer la transparence dans l’utilisation des ressources publiques.

La réussite dépendra de l’appropriation par les collectivités

Si le lancement de l’Observatoire constitue une étape importante, Pierre Bonneau a toutefois souligné que son efficacité reposera avant tout sur son appropriation par les différents acteurs.

Il a invité les maires, présidents de conseils départementaux et services techniques à considérer l’OBFiLoc comme un véritable outil d’aide à la décision plutôt qu’une contrainte administrative.

Il a également insisté sur la nécessité d’alimenter régulièrement la plateforme avec des données fiables et de poursuivre les actions de renforcement des capacités engagées dans plusieurs régions du pays, notamment à Saly et Ziguinchor.

« Lancer un outil est une étape. Le faire vivre, le nourrir de données fiables et l’utiliser pour décider constitue le véritable défi », a-t-il déclaré.

Un levier pour la Vision Sénégal 2050

En conclusion, le responsable des opérations de la Banque mondiale a inscrit cette réforme dans les ambitions de la Vision Sénégal 2050, estimant que la gouvernance locale constitue l’un des fondements essentiels de la transformation du pays.

Il a réaffirmé l’engagement de la Banque mondiale, de l’AFD et de l’ensemble des partenaires techniques et financiers à accompagner durablement le Gouvernement sénégalais dans la modernisation de la gestion publique territoriale.

Selon lui, l’OBFiLoc contribuera à bâtir une administration locale plus crédible, plus lisible et davantage tournée vers les citoyens, en permettant à chaque collectivité, quelle que soit sa taille, de disposer des informations nécessaires pour mieux gérer ses ressources, renforcer la transparence et soutenir le développement de son territoire.

S’adressant enfin aux élus locaux présents, Pierre Bonneau a exprimé le vœu que l’Observatoire devienne un véritable outil de gouvernance au service des populations, rappelant que « son potentiel se révélera avant tout à travers l’usage que vous en ferez, au service de vos territoires, de vos populations et du développement du Sénégal ».

Michel DIEYE

Author

Michel DIEYE

Up Next

Related Posts