Les producteurs de riz de la vallée du fleuve Sénégal vivent une période particulièrement difficile en raison d’une forte présence d’oiseaux granivores dans plusieurs zones de production. Alors que les cultures arrivent à maturité ou sont déjà en phase de récolte, les prédateurs causent d’importants dégâts dans plusieurs périmètres irrigués villageois.
À Mboyo, une intervention de la Direction de la protection des végétaux (DPV) a permis de réduire considérablement la menace. Mais à Guédé-Village et Guédé-Chantier, la pression reste particulièrement forte.
Selon Vox Populi, une équipe de la DPV basée à Richard-Toll est intervenue dans la nuit de vendredi dernier, sous la coordination d’Abdoulaye Sène, à la suite des appels à l’aide lancés par des riziculteurs du département de Podor.
Les oiseaux s’attaquaient notamment aux parcelles de Guédé-Chantier, Guédé-Village, Mboyo et Niandane. À Mboyo, l’intervention a permis de soulager les producteurs, dont certains étaient contraints de mobiliser leurs familles du matin au soir pour protéger les récoltes.
Des dortoirs ciblés
Pour lutter contre le phénomène, les agents de la DPV ont localisé un dortoir d’oiseaux sur les rives du marigot « Le Doué ». L’intervention a été menée directement sur le site de regroupement des oiseaux.
Vox Populi rapporte que les services phytosanitaires ont utilisé un drone DJI AGRAS T-40 dans le cadre de l’opération. Quelque 35 hectares ont notamment été traités à Dioundé.
La stratégie consiste à cibler les dortoirs plutôt que les cultures. Le produit utilisé, présenté comme hautement toxique, ne doit en effet pas être appliqué directement sur les parcelles destinées à la consommation.
Une situation toujours préoccupante à Guédé
À Guédé-Village, cependant, les producteurs continuent de faire face aux attaques. Selon Yaya Oumar Aw, plus de la moitié des parcelles ont déjà été récoltées, mais environ 45 % restent encore à l’être.
Les familles doivent ainsi assurer une surveillance permanente des champs pour empêcher les oiseaux de détruire les récoltes. À Guédé-Chantier, certains producteurs auraient même été contraints de procéder à une récolte précoce afin de limiter les pertes.
Pour les producteurs, la seule intervention ponctuelle de la DPV ne semble pas suffisante pour venir à bout du phénomène.
Ils soupçonnent notamment que les principaux dortoirs des oiseaux se trouvent du côté mauritanien de la frontière. La situation serait favorisée par l’absence de campagne agricole dans certaines zones de Mauritanie et par le manque de végétation dans le diéri.
Les producteurs préconisent dès lors une harmonisation des calendriers culturaux entre les deux pays ainsi qu’une coordination des services de protection des cultures sénégalais et mauritaniens.
Cette approche concertée permettrait, selon eux, de mieux contenir une pression aviaire qui, d’après plusieurs témoignages, atteint cette année un niveau exceptionnel.

