Trafic de cocaïne : le Sénégal renforce son statut de verrou stratégique face aux cartels en Afrique de l’Ouest

Selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), près d’un tiers de la cocaïne consommée en Europe transite par l’Afrique de l’Ouest. Dans ce contexte, le Sénégal s’impose comme l’un des principaux remparts contre les cartels grâce aux importantes saisies réalisées par la Douane et à la surveillance assurée par la Marine nationale.

L’Afrique de l’Ouest demeure l’un des principaux corridors empruntés par les réseaux internationaux de trafic de cocaïne entre l’Amérique du Sud et le marché européen. Selon un rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), repris par le quotidien Le Témoin, près de 30 % de la cocaïne destinée à l’Europe transite par plusieurs pays de la sous-région, notamment la Guinée-Bissau, la Gambie, la Sierra Leone, le Nigeria, le Cap-Vert, la Guinée ou encore le Mali.

D’après Le Témoin, ce trafic, en constante progression depuis le début des années 2000, a profondément modifié la carte du narcotrafic mondial. Les organisations criminelles exploitent la position géographique de l’Afrique de l’Ouest comme zone de transit avant d’acheminer les cargaisons vers les ports européens. Les stupéfiants sont généralement transférés en haute mer sur des embarcations légères ou des bateaux de pêche avant de rejoindre les îles Canaries, le Portugal, la Belgique ou d’autres points d’entrée du continent.

Le Sénégal figure toutefois parmi les rares pays de la région à opposer une résistance significative à ces réseaux criminels. La récente saisie de 970 kilogrammes de cocaïne par la Brigade des Douanes de Koumpentoum illustre cette montée en puissance des capacités nationales de lutte contre le narcotrafic. Estimée à près de 58 milliards de francs CFA, cette cargaison devait, selon les informations rapportées, être acheminée jusqu’au port d’Anvers, considéré comme l’une des principales portes d’entrée de la cocaïne en Europe.

Le rapport de l’ONUDC souligne d’ailleurs que la Belgique et les Pays-Bas concentrent désormais une grande partie des flux de cocaïne destinés à l’Europe occidentale, les réseaux criminels utilisant les ports commerciaux pour dissimuler les cargaisons parmi des millions de conteneurs.

Face à cette menace, les autorités sénégalaises multiplient les efforts. La Douane nationale, appuyée par la Marine nationale, renforce ses dispositifs de contrôle terrestre et maritime afin d’intercepter les convois avant leur départ vers les eaux internationales. Ces deux dernières années, plusieurs tonnes de cocaïne ont été saisies, pour une valeur globale estimée à près de 300 milliards de francs CFA, témoignant du renforcement des moyens logistiques et des capacités opérationnelles des services spécialisés.

Cette stratégie permet aujourd’hui au Sénégal de consolider son rôle de verrou sécuritaire en Afrique de l’Ouest face aux cartels internationaux, dans un contexte où les réseaux criminels cherchent sans cesse de nouvelles routes pour alimenter le marché européen.

Oumou Khaïry NDIAYE
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