À un mois de la Tabaski, les acteurs de l’élevage tirent la sonnette d’alarme face aux tensions sécuritaires au Mali et aux incertitudes régionales. Le président du CNMDE plaide pour une autosuffisance nationale et un renforcement du soutien aux éleveurs.
À l’approche de la fête de Tabaski, des inquiétudes émergent quant à la disponibilité du mouton sur le marché sénégalais. Selon le quotidien L’As, la situation sécuritaire au Mali pourrait perturber les circuits d’approvisionnement habituels, fortement dépendants des pays voisins.
Intervenant en marge d’un atelier de formation organisé à Thiès, le président du Conseil national de la maison des éleveurs (CNMDE), Ismaïla Sow, a mis en garde contre d’éventuelles tensions sur le marché. D’après L’As, il estime que les difficultés dans certains pays fournisseurs, notamment le Mali, mais aussi la Mauritanie, pourraient affecter l’offre.
Face à cette situation, le responsable plaide pour un changement de paradigme. Il appelle à une stratégie nationale orientée vers l’autosuffisance en moutons, en misant sur un meilleur encadrement des éleveurs et un appui financier accru. L’As souligne qu’il insiste également sur la nécessité de consulter davantage les acteurs du terrain afin d’éviter des décisions déconnectées des réalités.
Malgré ces préoccupations, le marché reste pour l’heure relativement stable, avec une production locale en progression. Toutefois, les éleveurs gardent en mémoire les invendus des années précédentes, qui avaient fragilisé de nombreux acteurs ayant contracté des prêts.
La formation organisée à Thiès s’inscrit dans cette dynamique de renforcement des capacités. Elle vise à améliorer la gouvernance du secteur, encore marqué par une faible représentation des jeunes (13,15 %) et des femmes (10,16 %). Les autorités administratives, à travers le gouvernorat, ont réaffirmé leur engagement à soutenir la modernisation du secteur et à promouvoir une nouvelle génération de leaders.

