TRANSITION ENERGETIQUE DANS LE SECTEUR HALIEUTIQUE : Partage d’expériences entre Les pays membres de la COMHAFAT à Casablanca

La ville de Casablanca (Maroc) a abrité du 28 avril au 29 avril 2026 un atelier « sur la transition énergétique dans le secteur halieutique dans la région COMHAFAT ». Ce grand rendez-vous du secteur de la pêche a été l’occasion pour les pays membres de la conférence ministérielle sur la coopération halieutique entre les États africains riverains de l’océan Atlantique (COMHAFAT) de partager leurs expériences et bonnes pratiques en matière de transition énergétique.

La Conférence ministérielle sur la coopération halieutique entre les États africains riverains de l’océan Atlantique (COMHAFAT) est une organisation intergouvernementale créée en 1989, qui regroupe 22 pays allant du Maroc jusqu’à la Namibie. La convention constitutive de la COMHAFAT, « la Convention régionale sur la coopération halieutique entre les États africains riverains de l’océan Atlantique », adoptée le 5 juillet 1991 à Dakar au Sénégal, fixe les domaines et les modalités de la coopération halieutique régionale entre les États membres Et le principal objectif de la COMHAFAT vise une coopération effective et active entre les États membres pour une préservation des ressources halieutiques et un développement durable des pêcheries dans la région.


Son pays assurant la présidence de la COMHAFAT, M. Lamine Camara, directeur général adjoint du bureau de stratégie et de développement du ministère de la pêche et de l’économie maritime, représentant de la Guinée, souligné : « En République de Guinée, le secteur des pêches et de l’aquaculture représente un secteur important de l’économie Guinéenne, pour sa contribution aux recettes publiques, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations et à la création d’emplois tant au milieu rural qu’urbain. Aujourd’hui, force est de constater que la contribution tant de la pêche maritime que continentale est faiblement tributaire des charges d’exploitation liées à l’utilisation des combustibles fossiles pour les navires de pêche, ainsi que pour les infrastructures de soutien à la production qui sont dans les ports de pêche artisanale ».


D’après M. Camara, c’est à ce titre que son pays salue l’approche pragmatique et inclusive de cet atelier. Et ils partagent pleinement la nécessité de l’élaboration d’une feuille de route régionale, graduelle et adaptée aux réalités de la pêche artisanale qui tient compte des priorités stratégiques suivantes : Le renforcement des cadres normatifs nationaux pour intégrer l’efficacité énergétique dans les cahiers des charges des infrastructures portuaires et des unités de transformation ; L’accès aux mécanismes de financements climatiques, notamment le Fonds vert, pour soutenir des solutions technologiques sobres, reproductibles et économiquement viables pour les navires de pêche artisanale et les chaînes de froid ; La mutualisation des efforts et des expériences au sein de la COMHAFAT pour éviter l’isolement technologique et financier.

« Je plaide donc fermement pour que notre feuille de route régionale inclue : la création d’un groupe de travail permanent comprenant la COMHAFAT et les fédérations professionnelles en charge du secteur de l’électricité et des énergies renouvelables pour co-construire un mécanisme régional d’accompagnement technique et financier afin d’intégrer systématiquement l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables dans nos infrastructures de soutien à la production ; L’organisation de missions exploratoires dans les pays de la COMHAFAT à l’effet d’identifier les projets pilotes (ports, froid, navires) ; La mobilisation des financements climatiques pour accompagner les projets de l’économie bleue dans la région, dixit M. Camara.


Dans sa prise de parole, M. Taoufik El Ktiri, secrétaire exécutif de la COMHAFAT, avance : « La COMHAFAT organise cet atelier sur la transition énergétique sur le secteur halieutique dans notre région. Cette thématique est d’une importance capitale , elle nous permet un sursaut qualitatif au niveau des thématiques que nous abordons habituellement dans le cadre de renforcement de capacité de nos États membres, parce que c’est un sujet qui est assez difficile dans la mesure où sa difficulté a été appréciée lorsqu’on a commencé à penser à son architecture, comment le monter, comment le structurer, comment faire en sorte que, parce que visée par qui va participer à cette activité, puisse en tirer quelque chose au retour dans leurs capitales respectives ».
Il précise que leur organisation accorde une importance aux approches nouvelles, à la dimension écologique de conventions stratégiques et adoptées à Abidjan en avril dernier.

Il a remercié les autorités marocaines pour leur soutien à la préparation de la rencontre, les États membres, l’Union africaine et l’OMPDA avec son fort réseau de journalistes africains spécialisés dans la pêche maritime.
Dans son allocution, M. Anwari Nabil, du Secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime-Maroc, a affirmé : « C’est pour moi un grand honneur, aujourd’hui, de prendre la parole à l’ouverture de cet atelier pour vous souhaiter, au nom du Secrétariat d’État chargé de la Pêche maritime du Maroc, particulièrement la ville de Casablanca. Le Royaume du Maroc est particulièrement honoré d’accueillir cette rencontre organisée par la COMHAFAT. Votre présence aujourd’hui, témoigne de notre volonté commune de bâtir une pêche africaine durable et résiliente. Nos travaux porteront sur une thématique très cruciale, la transition énergétique dans la zone COMHAFAT, alors que notre secteur est confronté à un certain nombre de défis climatiques et aux fluctuations des coûts énergétiques ».

Il poursuit : « Cette transition n’est plus une option mais une nécessité stratégique et ça se reflète dans le coût d’exploitation même du navire de pêche, toujours cette fracture énergétique est conséquente dans l’exploitation. La question de l’énergie en général dans la filière halieutique est multidimensionnelle. Elle a plusieurs perspectives, elle concerne aussi bien la construction du navire, l’alimentation énergétique des ports et des infrastructures ainsi que la valorisation des produits de la mer. Donc, repenser ce modèle énergétique est très important et c’est s’engager vers une pêche plus compétitive, moins dépendante des énergies fossiles et plus respectueuse de notre système marin. Dans cette optique, cet atelier offre un cadre idoine pour partager nos expériences nationales et identifier nos levées de transition réussie ».

Il estime qu’ils seront amenés à échanger sur des solutions technologiques adoptées, ainsi que sur des mécanismes de financement, ainsi que sur des approches relatives aux politiques publiques. Et les sessions aussi variées, montrent leur dépendance énergétique.
« La présentation de nos pratiques, est une chose qui s’avère très cruciale de nos jours. Cet atelier s’inscrit pleinement dans cette perspective de construire une vision africaine unie, innovante et tournée vers l’avenir », dira-t-il.

Saër DIAL

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Saër DIAL

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