La campagne de commercialisation du bétail pour la Tabaski 2026 s’est soldée par un échec retentissant dans la région de Kaolack. Selon le président de la Maison des éleveurs de Kaolack, Kalidou Ba, plus de 70 % des moutons n’ont pas trouvé preneur, conséquence directe de la baisse du pouvoir d’achat des ménages. Une situation rapportée par EnQuêtePlus qui plonge les éleveurs dans l’incertitude.
Le bilan de la Tabaski 2026 laisse un goût amer aux éleveurs de Kaolack. Selon les informations rapportées par EnQuêtePlus, la majorité des moutons convoyés vers les marchés n’a pas été vendue, malgré une offre déjà réduite cette année en raison des perturbations liées au conflit au Mali.
Pour Kalidou Ba, président de la Maison des éleveurs de Kaolack, la principale explication réside dans la détérioration des conditions de vie des ménages sénégalais. Selon lui, de nombreuses familles n’ont pas été en mesure d’acquérir un mouton, dont les prix dépassaient souvent les 200 000 francs CFA.
Face à cette réalité économique, les consommateurs se sont orientés vers des solutions moins coûteuses. « Les ménages ont préféré les chèvres et les boucs, accessibles entre 45 000 et 70 000 francs CFA », explique-t-il dans les colonnes d’EnQuêtePlus. Cette tendance a profondément modifié les habitudes d’achat durant la fête.
Le responsable des éleveurs estime ainsi que les caprins ont largement dominé les ventes cette année. Plus de la moitié des animaux écoulés seraient des chèvres ou des boucs, signe d’un recul significatif du marché ovin.
La situation apparaît d’autant plus préoccupante que, selon Kalidou Ba, les moutons étaient déjà moins nombreux que les années précédentes. Malgré cette baisse de l’offre, plus de 70 % des animaux seraient restés invendus. À ses yeux, la campagne 2026 figure parmi les plus difficiles jamais enregistrées.
Le président de la Maison des éleveurs cite notamment l’exemple du foirail de Mbirkilane où d’importants troupeaux demeurent encore présents plusieurs jours après la fête. Un spectacle qui témoigne, selon lui, de l’ampleur des pertes subies par les commerçants et éleveurs.
Au-delà du manque à gagner, les professionnels du secteur doivent désormais faire face à une autre épreuve : le retour du bétail vers les zones d’élevage. Le transport représente une charge financière importante, aggravée par la hausse des tarifs pratiqués après la Tabaski.
À cela s’ajoute le coût élevé de l’aliment de bétail et les risques sanitaires auxquels sont exposés les animaux durant leur déplacement. Kalidou Ba attire notamment l’attention sur la vulnérabilité des troupeaux en provenance du Mali et de la Mauritanie, moins adaptés aux conditions climatiques et hydriques locales.
Face à cette situation, il appelle l’État à soutenir davantage les éleveurs, notamment à travers des mesures de facilitation du transport et un appui en aliments de bétail afin d’atténuer les conséquences économiques de cette campagne jugée catastrophique

