Dans une tribune adressée à l’analyste Pascal Boniface, Mamadou Djigo défend une vision ouverte et stratégique de la souveraineté sénégalaise, axée sur l’intégration aux flux mondiaux et la valorisation des ressources nationales.
Le débat sur la souveraineté économique du Sénégal s’enrichit d’une nouvelle contribution. Dans une tribune argumentée, Mamadou Djigo, ingénieur aménageur et géostratège, s’oppose fermement à toute vision « isolante » de la souveraineté, qu’il juge inefficace et contre-productive.
S’adressant à Pascal Boniface, l’ancien directeur général de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire soutient que le Sénégal, en raison de sa position géographique et de son histoire, ne peut se permettre un repli sur lui-même.
Selon lui, la vocation du pays est d’être un hub stratégique, un carrefour où convergent et se redistribuent les flux économiques mondiaux. Une telle orientation permettrait non seulement de tirer profit de la mondialisation, mais aussi de mieux la structurer.
Mamadou Djigo insiste sur la nécessité de maîtriser les leviers essentiels du développement, notamment les infrastructures portuaires, l’énergie et le cadre réglementaire, tout en restant ouvert aux investissements et aux technologies étrangers.
Il rappelle, dans ce contexte, certaines initiatives passées, notamment sous l’ère de Macky Sall, visant à préserver les ressources naturelles du pays.
L’auteur plaide également pour une meilleure valorisation des chaînes de valeur nationales, allant des ressources extractives aux produits agricoles, en passant par les industries de transformation. L’objectif étant de capter davantage de valeur ajoutée sur le territoire national.
Pour Mamadou Djigo, la véritable souveraineté ne réside pas dans la fermeture, mais dans la capacité à devenir « indispensable au monde », une approche qu’il oppose aux « postures populistes » qu’il juge déconnectées des réalités économiques.

