Sénégal : la République n’est pas à la carte – nul ne choisit les lois qu’il respecte Par Serigne Habib Ndaw

On Ne Peut Pas Servir La République Hier Et Défier Ses Institutions Aujourd’hui !L’autorité De L ‘État Ne Se Négocie Pas !

 

Commissions d’enquête parlementaires :les anciens responsables publics face à leurs obligations, l’Ètat face à son devoir de faire respecter la loi.

 

Contribution citoyenne de Serigne Habib Ndaw Patriote octogénaire engagé au service de Nation

Que se passe-t-il dans notre République ?

Depuis plusieurs jours, l’Assemblée nationale poursuit ses investigations sur des dossiers majeurs des deniers publics, aux licences de pêche, au patrimoine de l’Etat et à certains programmes nationaux.

 

Alors que les députés cherchent à éclairer les conditions dans lesquelles d’importantes décisions ont été prises, d’anciens responsables gouvernementaux contestent publiquement leurs convocations. Certains annoncent leur intention de ne pas comparaître.

Ces refus et contestations soulèvent une question fondamentale : quelle autorité reste-t-il à nos institutions si chacun peut décider, selon sa convenance, des obligations républicaines qu ‘il accepte de respecter ?

Il ne s’agit pas de condamner des hommes avant toute enquête . Il s’agit de défendre un principe supérieur à toutes les appartenances politiques : la loi doit s’imposer à tous, gouvernants d’hier comme responsables d’aujourd’hui.

 

Une Convocation Parlementaire N’estpas Une Invitation Mondaine !

 

L’assemblée nationale n’est ni un cercle de discussion, ni une association privée, ni une organisation partisane.

Elle est une institution constitutionnelle de la République, investie notamment d’une mission de contrôle de l’action gouvernementale.

Son autorité ne dépend pas de la sympathie que lui portent les personnes convoquées.

 

La loi organique n° 2025-11 portant Réglement

intérieur de l ‘assemblée nationale encadre les pouvoirs des commissions d’enquête, les modalités de convocation et les obligations des personnes entendues.

 

Les anciens ministres et hauts fonctionnaires connaissent , mieux que quiconque, la portée des responsabilités publiques.

Ils peuvent contester une procédure, demander des précisions, faire valoir une indisponibilité justifiée ou exercer les recours prévus par la droit.

Mais une contestation ne doit pas devenir un prétexte pour soustraire durablement des décisions publiques à tout contrôle.

Celui qui a exercé une responsabilité au nom de l ‘État doit pouvoir expliquer les actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions.

C’est une exigence élémentaire de la démocratie.

 

La Liberté D’expression N’autorise Pas À Paralyser Les Institutions !

 

Dans une République, chacun conserve le droit de critiquer les institutions, y compris avec vigueur.

Mais il existe une différence fondamentale entre critiquer une décision et refuser sans justification légalement valable de se conformer à une obligation.

Les plateaux de télévision ne remplacent pas les procédures parlementaires.

Les déclarations médiatiques ne dispensent pas de répondre aux questions régulièrement posées par les représentants de la Nation.

On ne peut pas avoir exercé l’autorité de l ‘État pendant des années et considérer ensuite que cette même autorité devient facultative lorsqu’elle demande des explications.

Le respect de la République ne saurait varier selon que l »on exerce le pouvoir ou que l’on a quitté ses fonctions.

 

Monsieur Le Président De L’assemblée Nationale : Faites Respecter Les Prérogatives Du Parlement !

 

L’institution que vous présidez doit pouvoir exercer pleinement ses missions constitutionnelles.

Il vous appartient de veiller à la régularité des convocations, à la protection des droits des personnes entendues et à la continuité des investigations.

 

Lorsqu’une convocation est contestée pour vice de forme, sa régularité doit être vérifiée et , si nécessaire, corrigée.

Mais Lorsqu’un refus injustifié est constaté, les mécanismes prévus par la loi doivent pouvoir être mise en œuvre, avec toutes les garanties nécessaires.

L’autorité parlementaire ne se restaure ni par les invectives ni par les démonstrations de force, mais par l’application rigoureuse, impartiale et constante du droit.

 

Monsieur Le Président De La République, Monsieur Le Premier Ministre : L’état Doit Assumer Ses Responsabilités !

 

La situation appelle une réponse institutionnelle claire.

 

L’exécutif doit garantir que les administrations coopèrent avec les commissions d’enquête et que les documents publics nécessaires soient conservés et communiqués conformément à la loi.

Il doit également veiller à ce que les autorités compétentes disposent des moyens légaux d’exécuter leurs missions, sans pression ni intervention partisane.

Je demande solennellement que toute obstruction avérée fasse l’objet d’un examen juridique immédiat et des suites prévues par les textes.

Aucune protection de circonstance. Aucune intimidation. Aucun traitement de faveur.

 

Mais également aucune sanction arbitraire, aucune atteinte aux libertés fondamentales et aucune confusion entre désaccord politique et infraction pénale.

La force de l’Ètat ne réside pas dans la brutalité de ses actions.

Elle réside dans sa capacité à faire respecter la loi, sereinement, équitablement et sans exception.

 

Cinq Exigences Pour Préserver L’autorité Républicaine

 

Face aux difficultés rencontrées par les commissions d’enquête, je formule cinq demandes précises :

Premièrement : que toutes les convocations soient établies et notifiées selon des procédures incontestables, avec conservation des preuves de leur réception.

 

Deuxièmement : que les personnes convoquées puissent présenter leurs objections et justificatifs, auxquels les commissions devront apporter des réponses motivées.

 

Troisièmement : que les refus injustifiés et les entraves matériellement établies donnent lieu aux procédures légalement applicables, sous le contrôle des autorités compétentes.

 

Quatrièmement : que les administrations publiques transmettent les archives et documents requis, dans le respect des règles protégeant les informations légalement confidentielles.

 

Cinquièmement : que l’assemblée nationale informe régulièrement les citoyens de l’avancement de ses travaux, sans porter atteinte au secret des délibérations ni à la présomption d’innocence.

Il ne s’agit pas de créer une justice d’exception.

Il s’agit de faire fonctionner les institutions ordinaires d’un État de droit.

Conclusion – On Ne Peut Pas Invoquer La République Quand Elle Vous Honore Et La Contester Quand Elle Vous Demande Des Comptes !

 

À plus de quatre vingt ans, après avoir connu plusieurs générations de dirigeants et de responsables publics, je demeure profondément attaché à une conviction : la République doit survivre aux ambitions, aux rivalités et aux susceptibilités de ceux qui la servent.

 

Les fonctions ministérielles passent.

Les privilèges disparaissent.

Les majorités politiques changent.

Mais l’Etat demeure.

 

Ceux qui ont l’honneur de servir la Nation doivent comprendre que la responsabilité publique ne s’éteint pas avec la fin d’un mandat.

 

J’en appelle à la conscience républicaine de tous les anciens et actuels responsables de notre pays.

 

Répondez aux convocations régulières.

Présentez vos explications.

Défendez vos droits.

Produisez vos preuves.

 

Mais ne transformer pas le contrôle démocratique en affrontement personnel avec les institutions.

Le Sénégal ne peut pas construire un État fort avec des institutions que chacun respecterait uniquement lorsqu’elles servent ses intérêts  .

 

Que l’Assemblée nationale exerce pleinement ses prérogatives.

Que l’exécutif garantissent concours légal des administrations.

Que la justice demeure indépendante.

Que les droits de chacun soient respectés.

 

Car Une République Où La Loi Devient Facultative Pour Les Puissants Cesse D’être Égale Pour Tous.

Et Un État Qui Renonce À Faire Respecter Ses Propres Règles Fragilise L’autorité Qu’il A Le Devoir De Préserver.

 

Nul N’est Au-Dessus De La République.

Ni Hier, Ni Aujourd’hui, Ni Demain !

 

Monsieur

Serigne Habib Ndaw

Patriote Octogénaire Engagé

Au Service De La Nation.

 

Le 14 Octobre 2026

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