Le Forum mondial de l’alimentation 2026 a ouvert ses travaux au siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), autour du thème « Innover aujourd’hui. Nourrir demain ». Organisé du 8 au 16 octobre, ce rendez-vous international réunit des responsables politiques, des scientifiques, des investisseurs, des agriculteurs et des jeunes afin d’accélérer la transformation des systèmes agroalimentaires face aux défis climatiques, économiques et alimentaires.
La sixième édition du Forum mondial de l’alimentation (WFF) s’est ouverte lundi au siège de la FAO, à Rome, avec l’ambition de faire de la science, de la technologie, de l’innovation et des savoirs traditionnels des leviers pour construire des systèmes alimentaires plus efficaces, inclusifs, résilients et durables.
Dans son communiqué, la FAO souligne que ce rendez-vous est devenu l’un des grands rassemblements internationaux consacrés à la transformation des systèmes agroalimentaires. Il favorise les échanges entre décideurs, chercheurs, scientifiques, investisseurs, agriculteurs, pêcheurs, représentants des peuples autochtones et jeunes venus de différentes régions du monde.
Le directeur général de l’organisation, Qu Dongyu, a insisté sur l’importance des choix opérés aujourd’hui pour garantir la capacité des systèmes alimentaires à répondre aux besoins d’une population mondiale en croissance et en mutation. Les technologies émergentes, la valorisation des connaissances traditionnelles et l’autonomisation des jeunes figurent parmi les leviers mis en avant.
L’innovation face aux urgences climatiques et alimentaires
Le responsable de la FAO a également alerté sur la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, le recul de la biodiversité, la pression croissante sur les ressources en eau et les difficultés de nombreuses économies rurales, confrontées à une productivité agricole insuffisante et à des perspectives limitées pour les jeunes.
Pour faire face à ces défis, le Forum entend promouvoir des innovations qui dépassent la seule dimension technologique. Les modèles économiques, les méthodes de collaboration et les approches de développement doivent également évoluer pour permettre un changement à grande échelle.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions, en personne ou par message vidéo, de plusieurs chefs d’État et de gouvernement, parmi lesquels le roi Letsie III du Lesotho, João Manuel Gonçalves Lourenço, président de l’Angola, Miguel Díaz-Canel, président de Cuba, Recep Tayyip Erdoğan, président de la Turquie, Giorgia Meloni, Première ministre italienne, et Micheál Martin, Premier ministre irlandais.
La jeunesse au cœur de la transformation agroalimentaire
Le Forum mondial de la jeunesse a également été lancé en marge de cette ouverture. Cette initiative vise à mobiliser les jeunes autour de solutions en faveur de systèmes alimentaires plus durables, inclusifs et résilients.
L’un des temps forts a été l’annonce du lancement de 35 nouveaux chapitres nationaux de la jeunesse. Ces structures doivent renforcer l’engagement des jeunes dans les initiatives alimentaires et agroalimentaires, en favorisant leur participation à la recherche de solutions adaptées aux réalités de leurs pays.
Felipe Paullier, sous-secrétaire général des Nations Unies à la jeunesse, a par ailleurs annoncé un nouveau partenariat entre le Comité de la jeunesse et le Bureau des Nations Unies pour la jeunesse afin de renforcer leur collaboration. Des représentants de plusieurs régions du monde ont également pris part aux activités.
Sciences, investissements et gestion de l’eau au programme
Le WFF 2026 s’articule autour de trois grands piliers : l’Initiative mondiale d’action des jeunes, le Forum des sciences et de l’innovation et le Forum d’investissement de l’Initiative Main dans la main.
Le volet scientifique doit notamment mettre en lumière les applications de l’intelligence artificielle, des outils numériques et des technologies de pointe dans la recherche de solutions aux défis agroalimentaires. Le forum consacré aux investissements vise, pour sa part, à rapprocher gouvernements, investisseurs et partenaires au développement autour de projets susceptibles d’accélérer la transformation du secteur.
Le Dialogue de Rome sur l’eau figure également au programme, avec un accent sur la gestion durable, le partage et la protection des ressources hydriques indispensables à l’alimentation et aux populations. Une exposition consacrée aux semences et à la biodiversité agricole, ainsi qu’un espace dédié aux systèmes alimentaires des peuples autochtones, complètent les activités.
La faim reste un défi mondial majeur
Alors que les solutions technologiques et les connaissances nécessaires à l’amélioration de la sécurité alimentaire existent en partie déjà, l’accès à une alimentation suffisante et saine demeure une préoccupation majeure. La FAO estime que 673 millions de personnes souffrent encore de la faim dans le monde, tandis que 2,6 milliards de personnes n’ont pas les moyens de se nourrir sainement.
La Journée mondiale de l’alimentation, célébrée le vendredi 16 octobre, doit prolonger cette mobilisation internationale. À travers le Forum, la FAO entend rappeler que l’éradication de la faim demeure un objectif atteignable, à condition de renforcer la coopération, les investissements et la mise en œuvre de solutions adaptées aux besoins des populations.

