Santé et Action sociale : le SUTSAS déplore la nomination d’un financier à l’Action sociale et interpelle les autorités sur les critères

Le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’Action sociale (SUTSAS) dit respecter les prérogatives du chef de l’État en matière de nomination, tout en exprimant sa vive inquiétude après la reconduction du ministre de la Santé et le remplacement du responsable de l’Action sociale par un spécialiste des finances.

Le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’Action sociale (SUTSAS) a réagi à la composition du nouveau gouvernement en prenant acte des choix opérés par le président de la République, tout en faisant part de ses réserves sur certaines nominations.

Dans un communiqué, le SUTSAS affirme respecter les compétences constitutionnelles du chef de l’État, mais se dit surpris par les critères ayant conduit au maintien d’Ibrahima Sy à la tête du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

Le syndicat se montre surtout critique à l’égard du remplacement de Boucar Diouf par Paul Joseph Ndiaye à la direction de l’Action sociale. Selon lui, cette décision marque un recul pour un secteur qui, depuis près de deux décennies, s’est engagé dans une professionnalisation progressive grâce aux réformes issues des Assises nationales de l’Action sociale et à la création du corps des conseillers et spécialistes en travail social.

Le SUTSAS rappelle que l’Action sociale joue un rôle déterminant dans la cohésion nationale, la lutte contre la pauvreté et l’accompagnement des populations vulnérables. À ses yeux, les défis économiques et sociaux actuels exigent un renforcement du secteur plutôt qu’un éloignement des profils spécialisés.

Pour illustrer sa position, le syndicat estime que la direction de l’Action sociale devrait revenir à un professionnel du travail social, au même titre qu’un établissement scolaire est dirigé par un enseignant ou un commissariat par un policier. Il considère que cette logique relève de la compétence, de la légitimité et du respect des spécificités professionnelles.

Tout en réaffirmant sa volonté de défendre la reconnaissance institutionnelle du travail social, le SUTSAS appelle les autorités à reconsidérer la gouvernance du secteur afin de la confier à des spécialistes disposant de l’expertise requise

Oumou Khaïry NDIAYE
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