Politique, Calomnie, Haine : Qui Est En Train De Détruire Notre Sénégal ? Par Serigne Habib Ndaw

Sénégal : Après Tant De Prières, Qu’attendons-Nous Pour Nous Réveiller.

Quand La Politique Politicienne Piétine La Morale Et L’intérêt Général.

Nous venons de traverser des moments d’une exceptionnelle dimension spirituelle.

Après l’ascension de Jésus, après le Grand Magal de Touba commémorant le retour d’exil de Cheikh Ahmadou Bamba, nous voici plongés dans le Maouloud, célébration de la naissance du Prophète Mouhamed SAW.

Trois grands moments qui devraient nous rappeler l’essentiel : la foi, la soumission à DIEU, le repentir, le pardon, la paix, la fraternité, la maîtrise de soi et l’amour du prochain.

Et pourtant……..

Quel Spectacle Offrons-Nous Au Monde ?

Pendant que les uns prient, implore le pardon du Tout-Puissant et demandent la paix et la prospérité pour le Sénégal, d’autres s’acharnent sur les réseaux sociaux à répandre insultes, calomnies, mensonges, affabulations, et accusations sans preuve et attaques contre d’honnêtes citoyens.

Des propos indignes, parfois d’une violence inouïe, deviennent des sujets de conversations, alimentent les réseaux sociaux et finissent même par faire la une de l’actualité.

Avons-Nous Perdu Jusqu’au Sens De La Honte ?

 

Que faisons-nous donc de nos valeurs ?

Que faisons-nous de l’enseignement de nos guides religieux ?

Que faisons-nous de nos prières ?

Que faisons-nous de cette réputation de peuple profondément croyant que nous aimons tant revendiquer ?

Car la foi ne peut être seulement une apparence.

On ne peut passer des heures à réciter des prières et, quelques instants plus tard, détruire la réputation d’un homme ou d’une femme par une accusation mensongère.

On ne peut pas célébrer la naissance du Prophète Mouhamed SAW et faire de l’insulte un mode d’expression.

 

On ne peut pas invoquer DIEU pour qu’il protège le Sénégal tout en contribuant soi-même, par ses paroles et ses actes, à empoisonner le climat social du pays.

Il y a là une contradiction morale qu’il faut avoir le courage de dénoncer.

Et Derrière Ces Dérives, Qu’y A-T- Il ?

 

C’est peut-être là que se trouve le véritable problème.

Derrière certaines de ces campagnes de dénigrement, certaines polémiques artificielles et certains affrontements permanents, ne retrouvons-nous pas trop souvent la politique politicienne, les ambitions personnelles, les calculs de positionnement et la recherche effrénée d’intérêts particuliers ?

Tout devient alors prétexte à s’afficher, à attaquer, à discréditer l’autre, à conquérir une audience ou préparer une prochaine échéance.

Et pendant ce temps, où est passé l’intérêt général ?

Où est passé l’intérêt du peuple ?

Où sont passées les préoccupations quotidiennes des Sénégalais qui attendent des solutions à leurs difficultés économiques et sociales, qui espèrent un emploi pour leurs enfants, une meilleure prise en charge de leurs familles, davantage de sécurité, de justice et de perspectives pour leur avenir ?

 

Le peuple ne devrait jamais être réduit au rôle de spectateur d’une compétition permanente entre ambitions individuelles.

La politique doit être un moyen de servir la Nation, et non un instrument pour servir sa propre carrière.

Lorsqu’une ambition personnelle devient plus importante que l’intérêt général, lorsque le positionnement politique prend le dessus sur les préoccupations du peuple, lorsque l’on est prêt à salir l’autre pour gagner quelques points d’influence, alors nous ne sommes plus dans le débat démocratique : nous sommes dans la dérive.

Et cette dérive est d’autant plus grave lorsqu’elle se déroule sous le couvert de valeurs religieuses et morales que nous prétendons défendre.

Le Silence Des Autorités Interpelle

Face à ces dérives, le silence des autorités, à tous les niveaux, est préoccupant.

L’Etat doit naturellement garantir la liberté d’expression. Mais la liberté d’expression ne signifie pas la liberté de calomnier, de diffamer, d’humilier, ou de détruire impunément la réputation d’autrui.

La responsabilité des autorités est donc aussi de faire respecter les règles qui protègent la dignité des citoyens et la paix sociale.

Mais l’interpellation concerne également nos chefs religieux.

Ils sont écoutés. Leur parole porte . Leur influence morale demeure immense.

Alors, pourquoi ne pas entendre davantage leur voix lorsque la vulgarité, la haine et la calomnie envahissent l’espace public ?

Pourquoi ne pas profiter de ces grands rendez-vous religieux pour rappeler solennellement aux fidèles que la spiritualité ne se mesure pas seulement au nombre de prières récitées, mais également à la qualité du comportement envers les autres ?

Le Grand Sursaut Moral Est Devenu Une Urgence Nationale

 

Le Sénégal n’a pas seulement besoin de routes, d’emplois, d’investissements et de croissance.

Le Sénégal a besoin de retrouver son âme.

Il a besoin de retrouver le respect de la parole donnée, le respect des anciens, le respect de l’adversaire, le respect de la vérité et surtout le respect de la dignité humaine.

Nous devons apprendre à discuter sans insulter, critiquer sans diffamer, dénoncer sans inventer et défendre ses convictions sans déshumaniser celui qui pense autrement.

Le désaccord n’autorise pas la haine.

La liberté n’autorise pas la calomnie.

La religion n’autorise pas l’hypocrisie.

La politique n’autorise pas le mensonge.

Et surtout, aucun Sénégalais ne devrait accepter que notre pays devienne un immense tribunal permanent où chacun accuse, juge et condamne son prochain derrière un écran.

Aux Autorités Et Aux Guides Religieux : Il Est Temps De Parler.

Le moment est venu d’élever la voix.

Pas pour défendre un camp.

Pas pour protéger une personnalité.

Pas pour servir une quelconque chapelle.

 

Mais pour protéger le Sénégal.

Il faut un rappel national des principes élémentaires de respect, de responsabilité et de dignité.

Il faut que les autorités publiques, les responsables politiques, les éducateurs, les intellectuels, les médias et surtout les guides religieux prennent clairement position contre la banalisation de la calomnie, de l’injure et de la haine.

Car lorsque les adultes se taisent, les dérives deviennent des normes pour la jeunesse.

Et lorsqu’une société ne fixe plus de limites morales, elle finit par en payer le prix.

Après La Prière, L’épreuve Des Actes

 

Nous avons demandé pardon à DIEU.

Nous avons prié pour nos familles.

Nous avons prié pour nos morts.

Nous avons prié pour la paix.

Nous avons prié pour le Sénégal.

 

Mais que faisons-nous après la prière ?

C’est peut-être là que se trouve la véritable question.

Si notre prière ne change ni notre comportement, ni notre langage, ni notre rapport à autrui, alors il faut avoir le courage de nous interroger.

Le Sénégal mérite mieux que les insultes, les règlements de comptes, les accusations sans preuves et les spectacles indignes qui envahissent aujourd’hui une partie de l ‘espace public.

Nous devons retrouver la pudeur dans la parole, la mesure dans le débat et la crainte de Dieu dans nos comportements.

Le Sénégal n’a pas besoin de plus de bruit.

Il a besoin de conscience.

Il n’a pas besoin de plus haine.

Il a besoin de fraternité.

Il n’a pas besoin de davantage de calomnies.

Il a besoin de vérité.

 

Après l’ascension, après le Magal, pendant le Maouloud, faisons donc de ces moments sacrés autre chose qu’un calendrier religieux.

Faisons-en un rendez-vous avec notre conscience.

Que chacun se demande :

Quel Sénégal suis-je en train de contribuer à construire par mes paroles, mes actes et mon comportement ?

Et que les autorités comme les guides religieux entendent enfin cette interpellation.

Le pays a besoin d’un grand sursaut moral.

Maintenant. Pas demain.

Car lorsqu’un peuple perd ses repères moraux, aucune richesse matérielle ne suffit à le sauver.

Sénégalais, Réveillons-Nous Avant Qu’ilne Soit Trop Tard !

 

La politique ne doit jamais devenir le terrain des haines personnelles.

Le pouvoir ne doit jamais devenir un moyen de satisfaire des ambitions individuelles.

L’intérêt personnel ne doit jamais prendre en otage l’intérêt général.

Le Sénégal n’appartient à aucun homme, à aucun parti, à aucune chapelle.

Le Sénégal appartient à son peuple et aux générations futures.

Nous avons beaucoup prié.

Il est maintenant temps d’agir sur nous-mêmes  .

De nous respecter.

De nous pardonner.

De nous parler dignement.

De défendre nos convictions sans détruire nos frères.

Et surtout, de remettre l’intérêt supérieur du Sénégal au-dessus de nos intérêts personnels et de nos querelles politiques.

Après tant de prières, qu’attendons-nous encore pour nous réveiller ?

 

Sénégal, Réveille Toi !

 

Monsieur

Serigne Habib Ndaw

Patriote Octogénaire Engagé

Au Service De La Nation.

Mail. ndaw.habib45@gmail.com

 

Dakar, Le 23 Août 2026

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