Face à la recrudescence des discours de haine, des actes de stigmatisation et des campagnes visant certaines communautés étrangères, Horizon Sans Frontières (HSF) annonce la mise en place d’un Observatoire de lutte contre la xénophobie, le racisme et toutes les formes de stigmatisation.
À travers cette initiative, l’organisation entend contribuer à prévenir les tensions, protéger les victimes et promouvoir une culture africaine fondée sur la tolérance, la solidarité et la coexistence pacifique. Dans une déclaration signée par Boubacar Sèye, chercheur-consultant en migrations internationales et président-fondateur d’Horizon Sans Frontières, l’organisation estime que « l’Afrique ne peut pas se construire dans la méfiance, le rejet et la désignation de l’étranger comme bouc émissaire ».
Selon HSF, le futur observatoire ne sera pas uniquement un instrument de dénonciation. Il devra également surveiller, documenter, alerter, protéger et formuler des propositions. Ses activités seront notamment axées sur la veille et l’alerte précoce afin d’identifier les discours et actes susceptibles de provoquer des tensions.
L’organisation prévoit également la mise en place d’une base de données et la production régulière de rapports consacrés aux phénomènes de xénophobie et de discrimination. Un dispositif d’orientation et d’accompagnement des victimes, notamment sur le plan juridique, est également envisagé.
Dans son projet, Horizon Sans Frontières accorde une attention particulière aux réseaux sociaux, considérés comme un espace où les fausses informations peuvent rapidement contribuer à la stigmatisation d’une communauté entière. L’Observatoire entend ainsi participer à la lutte contre les discours de haine en ligne.
Le plaidoyer auprès des pouvoirs publics constituera également un axe majeur. Il s’agira de formuler des recommandations en matière de prévention et de protection des droits humains. L’organisation prévoit, en outre, des actions d’éducation et de sensibilisation destinées notamment aux jeunes, aux médias, aux forces de sécurité, aux responsables communautaires et aux acteurs de la société civile.
L’Observatoire devrait aussi développer un volet consacré à la recherche et à l’expertise, avec des études, enquêtes de terrain, analyses statistiques et comparaisons régionales destinées à mieux comprendre les mécanismes de la xénophobie et à contribuer à l’élaboration de politiques publiques adaptées.
À terme, HSF ambitionne de mettre en place un réseau africain de solidarité et de vigilance réunissant organisations de la société civile, chercheurs, journalistes, institutions, responsables communautaires et défenseurs des droits humains. Horizon Sans Frontières, dans la présentation de son initiative, place cette démarche sous le signe de trois principes : l’indépendance, l’impartialité et la défense de la dignité humaine.
L’organisation insiste par ailleurs sur le fait que sa démarche ne vise aucune communauté en particulier. « Défendre l’étranger contre la xénophobie, c’est aussi défendre le Sénégalais contre le racisme et les discriminations dont il peut être victime ailleurs », souligne Boubacar Sèye. Horizon Sans Frontières entend ainsi promouvoir l’idée d’une Afrique où la différence ne constitue pas une menace et où la dignité humaine demeure au-dessus de toute considération nationale.
Pour le président-fondateur de HSF, « l’Afrique est notre maison commune » et les frontières entre États ne doivent pas devenir des barrières entre les peuples. L’Observatoire se veut ainsi un outil de vigilance et de solidarité pour contribuer à faire reculer les préjugés, la stigmatisation et les discours de haine sur le continent.

