Près de 600 jours après le placement sous mandat de dépôt de son directeur général, Mahmadane Sarr, la direction de Lansar Auto est sortie de son silence. Lors d’une conférence de presse tenue mercredi 19 août à Yoff, elle est revenue sur la procédure judiciaire visant son dirigeant et a apporté des précisions sur la situation financière de l’entreprise.
Mahmadane Sarr a été placé sous mandat de dépôt le 13 janvier 2025. Il est poursuivi, selon les éléments présentés lors de la conférence de presse, pour des faits notamment qualifiés d’association de malfaiteurs, de détournement de deniers publics et de falsification de documents administratifs et bancaires. Cette affaire avait également conduit à la mise en place d’un collectif réclamant sa libération.
La procédure aurait été ouverte à la suite d’une déclaration d’opération suspecte effectuée par Coris Bank. Le montant provisoire évoqué dans le cadre des accusations de blanchiment de capitaux et d’escroquerie portant sur des deniers publics est estimé à 13,610 milliards de francs CFA.
Depuis son incarcération, Mahmadane Sarr aurait demandé à la direction de Lansar Auto de faire la lumière sur les différentes accusations portées contre lui. Il aurait ainsi mandaté son conseiller juridique et fiscal, Gorgui Dia, afin de verser au dossier les pièces justificatives permettant, selon la direction, de répondre aux griefs formulés à son encontre.
La direction affirme que le directeur général « conteste fermement » l’ensemble des accusations.
Des factures toujours impayées
S’exprimant au nom de Mahmadane Sarr, Gorgui Dia a également évoqué les relations commerciales de la société avec l’État et certains acteurs politiques.
Réagissant notamment aux accusations faisant état de liens avec l’ancien régime de Macky Sall, le conseiller juridique et fiscal a affirmé que certaines prestations de l’entreprise seraient restées impayées.
« Certaines factures sont restées impayées après la mise à disposition de nos services de location aux responsables du parti Pastef, à l’issue des élections de 2019 », a-t-il déclaré.
Gorgui Dia a également évoqué l’utilisation de 60 véhicules de Lansar Auto par l’État, pour un montant qu’il évalue à 3 milliards de francs CFA, et qui, selon lui, n’aurait pas encore été entièrement réglé.
La direction a par ailleurs rejeté les rumeurs faisant de Lansar Auto un éventuel « prête-nom », ainsi que celles relatives à une supposée « transaction illégale » avec l’État.
Une créance de près de 15 milliards FCFA revendiquée
Sur le volet financier, Gorgui Dia a surtout insisté sur les créances que leur société affirme détenir sur l’État du Sénégal.
« La créance que l’État doit à Lansar est d’un montant de 14 milliards 984 millions FCFA », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse.
Il a également indiqué que, sur un engagement financier de l’État évalué à 6 milliards de francs CFA, seuls 5 milliards de francs CFA auraient été effectivement versés à l’entreprise.
La direction de cette société dit enfin s’inquiéter des conséquences de cette procédure sur l’image et les activités de l’entreprise. Elle dénonce également la durée de la détention préventive de son directeur général et réaffirme sa volonté de fournir les documents qu’elle estime nécessaires à la manifestation de la vérité.
Les différents montants et éléments avancés lors de cette conférence de presse constituent les déclarations de la direction et de son conseil dans le cadre de sa défense.
Correspondance particulière de
Papa S Traoré.

