L’organisation Horizon Sans Frontières (HSF) demande au président Bassirou Diomaye Faye d’intervenir face aux nouvelles dispositions du règlement intérieur de l’Ordre des avocats du Sénégal. Selon l’organisation, les mesures envisagées limiteraient les interventions des avocats sénégalais établis à l’étranger et seraient contraires aux engagements internationaux du pays.
ainsi donc, Horizon Sans Frontières hausse le ton contre le nouveau règlement intérieur de l’Ordre des avocats du Sénégal. Dans une déclaration rendue publique, son président, Boubacar Seye, estime que les nouvelles dispositions constituent une discrimination à l’égard des avocats sénégalais de la diaspora et portent atteinte aux droits des Sénégalais établis à l’étranger.
L’organisation affirme notamment que le texte prévoit de limiter à dix dossiers par an les interventions des avocats de la diaspora devant les juridictions sénégalaises.
Selon HSF, cette disposition serait incompatible avec les dispositions de l’article 46 de la convention franco-sénégalaise de coopération judiciaire, qui autoriserait les avocats concernés à intervenir sans limitation particulière, sous réserve de disposer d’une adresse professionnelle auprès d’un confrère inscrit au Sénégal.
Une décision jugée contraire aux ambitions de la Vision Sénégal 2050
Pour Horizon Sans Frontières, ces nouvelles règles sont en contradiction avec les appels répétés du président Bassirou Diomaye Faye invitant les Sénégalais de l’extérieur à contribuer pleinement à la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050.
L’organisation rappelle que la diaspora constitue un important vivier de compétences dans plusieurs domaines, notamment le droit, la justice, l’administration, la recherche et les grandes entreprises internationales.
Elle estime qu’empêcher ces professionnels de mettre leur expertise au service du pays reviendrait à décourager une partie des ressources humaines que le Sénégal cherche pourtant à mobiliser.
Le libre choix des avocats mis en avant
HSF insiste également sur le droit des Sénégalais vivant à l’étranger de choisir librement les avocats appelés à défendre leurs intérêts au Sénégal.
Selon l’organisation, les nouvelles restrictions limiteraient cette liberté tout en compliquant l’accompagnement juridique des membres de la diaspora dans leurs procédures administratives et judiciaires.
Boubacar Seye rappelle également que les transferts financiers de la diaspora représentent chaque année des montants supérieurs à l’aide publique au développement reçue par le Sénégal, tout en soulignant que cette contribution économique majeure devrait s’accompagner d’une meilleure reconnaissance des compétences des Sénégalais établis à l’étranger.
Appel au dialogue
Tout en dénonçant une mesure qu’elle juge protectionniste, Horizon Sans Frontières appelle le président de la République ainsi que le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, à ouvrir un dialogue avec l’Ordre des avocats afin de trouver une solution respectueuse des principes d’égalité, de non-discrimination et de valorisation des compétences nationales.
L’organisation annonce enfin sa volonté de mobiliser les Sénégalais de la diaspora autour de cette revendication qu’elle présente comme un enjeu majeur pour la réussite de la Vision Sénégal 2050.

