Pollution à Sandiara : les populations interpellent l’État et dénoncent une situation devenue « irrespirable »

La colère ne retombe pas à Sandiara, où les populations continuent de dénoncer les nuisances qu’elles attribuent aux activités de la zone industrielle. Malgré les nombreuses protestations enregistrées ces dernières semaines, les habitants affirment que la pollution atmosphérique persiste et que leur quotidien est devenu insoutenable. C’est le constat dressé par le quotidien EnQuête, qui relaie les préoccupations exprimées par le Mouvement pour l’intérêt de Sandiara.

Selon EnQuête, les membres du mouvement affirment que les habitants de Sandiara ainsi que ceux des villages voisins continuent de respirer un air fortement dégradé, marqué par des odeurs jugées nauséabondes et des émanations considérées comme toxiques.

Le collectif rappelle qu’à la suite d’une importante mobilisation citoyenne, les activités de plusieurs usines de la zone industrielle avaient été suspendues durant deux jours. Pendant cette interruption, les populations disent avoir retrouvé un air respirable, ce qui, à leurs yeux, constitue un indice de l’origine industrielle de la pollution.

Cependant, toujours d’après EnQuête, la reprise des activités s’est accompagnée du retour des mauvaises odeurs et des fumées, ravivant les inquiétudes des riverains.

Le Mouvement pour l’intérêt de Sandiara évoque également des conséquences sanitaires préoccupantes. Dans son communiqué, il cite notamment le cas d’une surveillante venue participer aux épreuves du baccalauréat au lycée de Sandiara, situé à proximité des usines, qui aurait, selon le mouvement, fait une fausse couche après son retour chez elle. Ce témoignage est présenté par le collectif comme un élément illustrant les risques sanitaires auxquels seraient exposées les populations.

Face à cette situation, le mouvement lance un double appel. Il demande d’abord au Président de la République d’intervenir afin de protéger les habitants avant qu’un drame ne survienne. Il sollicite également les ONG nationales et internationales afin qu’elles s’impliquent dans le suivi des questions environnementales et sanitaires touchant la commune.

Malgré la tension, le collectif insiste sur le caractère pacifique de son combat.

« Nous ne voulons pas de violence, nous voulons juste respirer », martèlent ses responsables.

Le mouvement revient également sur l’interdiction de la marche que les populations projetaient d’organiser. Selon ses responsables, cette décision ne relèverait pas uniquement de considérations administratives. Ils estiment qu’elle répondrait davantage à des motivations politiques destinées à préserver certains intérêts, au détriment du droit des citoyens à exprimer leurs préoccupations.

Refusant de renoncer à leur mobilisation, les membres du Mouvement pour l’intérêt de Sandiara annoncent qu’ils poursuivront leurs actions jusqu’à l’obtention de réponses concrètes à leurs revendications.

Ils réaffirment que leur combat reste guidé par deux exigences fondamentales : le droit à la vie et le droit à un environnement sain, qu’ils considèrent comme des droits essentiels pour toutes les populations de la commune.

À travers ce reportage, EnQuête met en lumière une crise environnementale qui, au-delà des nuisances quotidiennes dénoncées par les habitants, soulève désormais des interrogations sur la protection de la santé publique, la gestion des zones industrielles et la prise en compte des préoccupations des populations locales.

Mamadou Nancy Fall
Up Next

Related Posts