Meurtres de deux fillettes en 48 heures : Waxjotna dénonce le silence de l’État et réclame la reconnaissance du féminicide

Le mouvement Waxjotna hausse le ton après les meurtres successifs de deux fillettes, âgées respectivement de 14 ans et de 2 ans, survenus en l’espace de quarante-huit heures. Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, l’organisation dénonce ce qu’elle considère comme une absence de réaction des pouvoirs publics face à la recrudescence des violences faites aux femmes et aux enfants. L’information est rapportée par le quotidien L’As, d’où nous la tenons.

Selon L’As, le collectif estime que ces deux drames ne sauraient être assimilés à de simples faits divers. Pour Waxjotna, ils traduisent une violence structurelle qui continue de frapper les femmes et les filles au Sénégal, dans un contexte marqué par une multiplication des féminicides.

L’organisation se dit profondément préoccupée par ce qu’elle qualifie de « silence des pouvoirs publics », mais également par la faible mobilisation nationale et la couverture médiatique jugée insuffisante de ces crimes. Pour le mouvement, l’ampleur de ces tragédies aurait dû susciter une réaction beaucoup plus forte de l’État.

D’après le quotidien L’As, Waxjotna rappelle qu’en moins de six mois, huit féminicides ont déjà été recensés au Sénégal en 2026, un chiffre qui se rapproche déjà du bilan enregistré sur l’ensemble de l’année précédente. Pour le collectif, cette évolution démontre l’urgence de renforcer les mécanismes de prévention, de protection des victimes et de répression des auteurs.

L’une des principales revendications de Waxjotna concerne l’évolution du cadre juridique sénégalais. Le mouvement plaide pour que le féminicide soit reconnu comme une infraction spécifique dans le Code pénal, au même titre que le parricide ou l’infanticide. Une telle reconnaissance permettrait, selon lui, de prendre en compte le mobile lié au genre dans les poursuites judiciaires, de mieux documenter ce phénomène et d’adapter les politiques publiques.

Toujours selon L’As, l’organisation rappelle également que plusieurs engagements pris par les autorités restent encore sans suite. Plus de dix ans après le lancement des travaux préparatoires, le Code de l’enfant n’a toujours pas été adopté. Waxjotna souligne aussi que, lors de son adresse à la Nation du 31 décembre 2025, le Président de la République avait condamné les féminicides et annoncé des mesures destinées à renforcer la protection des femmes et des enfants.

Le collectif estime désormais que ces engagements doivent se traduire par des actes concrets. Il demande notamment une meilleure prise en compte du mobile de genre dans les procédures judiciaires, l’élaboration de politiques pénales et statistiques adaptées, le renforcement des dispositifs de prévention ainsi que l’adoption, sans délai, du Code de l’enfant.

En conclusion de son communiqué, Waxjotna interpelle directement les autorités en s’interrogeant sur le nombre de féminicides, de viols et d’actes pédocriminels qu’il faudra encore enregistrer avant de provoquer une réaction à la hauteur de la gravité de ces crimes.

Le mouvement affirme qu’il poursuivra son plaidoyer aussi longtemps que la protection des femmes et des enfants ne constituera pas une véritable priorité nationale. « Si les pouvoirs publics choisissent le silence, Waxjotna sera la voix de celles et ceux que l’on refuse d’entendre », conclut le collectif, selon L’As, qui a relayé l’intégralité de cette prise de position.

Oumou Khaïry NDIAYE
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