Face à l’accélération de l’érosion côtière sur la Petite Côte, les acteurs de la société civile tirent la sonnette d’alarme. Réunis autour d’un plaidoyer porté par Enda-MadeSahel, ils appellent les autorités à faire de la protection du littoral de Mbour une priorité nationale. Nous dit le journal Sud Quotidien
Un littoral de plus en plus menacé
L’érosion côtière continue de gagner du terrain sur les plages de Mbour. Un phénomène qui inquiète fortement les populations riveraines et les organisations environnementales.
Lors d’une rencontre avec le préfet du département, Amadou Diop, la directrice exécutive d’Enda-MadeSahel, Monique Diouf, a alerté sur la gravité de la situation.
Selon elle, le recul du trait de côte observé depuis plusieurs années s’accélère sous l’effet combiné du changement climatique, de la montée du niveau de la mer et des pressions exercées par les activités humaines. Propos relayés par Sud Quotidien
« Ce phénomène n’est plus une simple menace environnementale. Il constitue désormais une urgence sociale, économique et territoriale », a-t-elle averti.
Habitations, tourisme et pêche directement exposés
Les conséquences de cette dégradation sont déjà visibles dans plusieurs localités de la Petite Côte.
Selon le journal Sud Quotidien , des portions entières de plages ont disparu tandis que d’autres se sont considérablement rétrécies, exposant des habitations, des infrastructures publiques, des établissements hôteliers ainsi que des installations dédiées à la pêche artisanale.
Cette situation menace directement les moyens de subsistance de milliers de familles vivant de la pêche, du mareyage, du commerce et des activités touristiques.
Le Conservatoire Michel Adanson également touché
Au-delà des impacts économiques, les défenseurs de l’environnement s’inquiètent de la fragilisation des écosystèmes côtiers.
Le Conservatoire botanique Michel Adanson, reconnu pour son rôle de puits de carbone, subit lui aussi les effets de la dégradation du littoral.
Selon les spécialistes, cette évolution réduit progressivement la capacité naturelle du territoire à faire face aux aléas climatiques.
Plaidoyer pour une stratégie durable
Face à l’urgence, Enda-MadeSahel plaide pour l’inscription de la réhabilitation des plages de Mbour parmi les priorités nationales de protection côtière.
L’organisation recommande la réalisation d’études techniques approfondies afin d’identifier les zones les plus vulnérables et de définir les solutions adaptées.
Parmi les mesures proposées figurent la construction d’ouvrages de défense côtière, la restauration des plages et des dunes, la préservation des lagunes de la Somone et de Mballing ainsi que le renforcement du contrôle de l’occupation du domaine public maritime.
Une gouvernance participative réclamée
jSud Quotidien souligne que les acteurs impliqués dans ce plaidoyer insistent également sur la nécessité d’associer les collectivités territoriales, les pêcheurs, les opérateurs touristiques, les organisations communautaires et les services techniques à la gestion du littoral.
Ils proposent la création d’un cadre permanent de concertation et d’alerte consacré au suivi de l’état des côtes de Mbour.
Pour les populations, la préservation du littoral dépasse largement la seule question environnementale. Elle concerne la sécurité des personnes, la protection des activités économiques et la sauvegarde de l’avenir des générations futures.

