Il n’ya aucune raison à cette tension si seul l’intérêt du Sénégal et de la stabilité de ses institutions importe aux uns et aux autres.
J’avais bel et bien averti sur les risques de tensions politiques que cette initiative pouvait susciter. Nous avions bien écrit que personne ne peut réviser la Constitution au Sénégal sans l’aval du Président. Nous avions aussi écrit que ceux qui cherchaient à doubler le Président de la République allaient nous installer dans une tension politique.
Mais dans ce pays, on ramène tout à des problèmes de personne.
Le Président de la République a effectivement informé l’Assemblée par lettre en date du 19 juin 2026 de sa décision » de soumettre le Projet de Revision de la Constitution au référendum ». Il en a le droit et l’Assemblée sera déssaisie sans pouvoir ni fixer la date du référendum ni même dire si le référendum aura lieu. Dans les mêmes circonstances et avec les mêmes dispositions constitutionnelles, le President Mitterand avait refusé d’organiser un référendum en France.
Nous avions anticipé et averti.
J’ajoute même autre chose. Contrairement à ce que soutient le Président de l’Assemblée nationale, le Président de la République n’est pas obligé de soumettre le texte tel que adopté par le Parlement au référendum. C’est aussi un argument de texte pas une affaire de personne. Il lui suffit de stabiliser le texte qu’il veut et de le passer au référendum en passant par l’article 51 de la Constitution. Cet article permet au Chef de l’État de procéder à une revision de la Constitution directement par référendum et sans passer par l’Assemblée nationale.
C’est là que les mécanismes du dialogue des institutions trouvent tous leurs sens. En effet, la République, c’est pas des hommes qui se battent, ce sont institutions qui dialoguent.
Personne ne gagne dans une bataille entre des institutions.
Moussa Tine
Président Alliance démocratique Pencoo

