Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté l’ensemble des demandes formulées par l’ancien président sénégalais Macky Sall contre la plateforme nonamacky.org, qui conteste sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Dans une décision rendue le 9 septembre 2026, la juridiction française a notamment refusé d’ordonner le blocage du site en France et écarté le grief relatif à l’utilisation de son image.
Selon Sud Quotidien, Macky Sall avait saisi la justice française contre l’hébergeur de la plateforme, plusieurs intermédiaires techniques ainsi que les opérateurs Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Il sollicitait notamment le blocage de l’accès au site pour les internautes établis en France, estimant que certains contenus portaient atteinte à sa réputation et que son portrait était utilisé sans autorisation dans le cadre d’une campagne contestant sa candidature à la tête de l’ONU.
Le jugement du 9 septembre confirme le rejet de l’ensemble de ses demandes.
Sur la question de l’atteinte à la réputation, le tribunal a considéré que la présentation de Macky Sall comme étant « inapte » à exercer les fonctions de secrétaire général des Nations unies relevait d’un jugement de valeur s’inscrivant dans une controverse liée au débat public. La juridiction s’est également penchée sur les différentes critiques diffusées par la plateforme concernant notamment les violences, la corruption, la liberté de la presse et les violations constitutionnelles.
D’après Sud Quotidien, le tribunal a estimé que ces critiques visaient, dans leur ensemble, des institutions, les forces de sécurité ou encore l’administration sénégalaise et ne pouvaient donc pas être assimilées globalement à des imputations personnelles dirigées contre l’ancien chef de l’État. La juridiction a également écarté le grief relatif à l’utilisation de son portrait, considérant que la candidature d’un ancien président à la fonction de secrétaire général de l’ONU constituait un sujet d’intérêt général et que l’utilisation de son image était liée au débat suscité par cette candidature.
Rendue en premier ressort, dans le cadre d’une procédure accélérée au fond, la décision prévoit que chaque partie conserve la charge de ses propres dépens. Elle est assortie de l’exécution provisoire, permettant son application sans attendre l’issue d’un éventuel appel.
Cette décision intervient alors que la candidature de Macky Sall au secrétariat général des Nations unies fait l’objet d’une mobilisation diplomatique. Selon les éléments rapportés par Sud Quotidien, sa candidature avait été déposée initialement le 2 mars 2026 par le Burundi avant de bénéficier du soutien officiel du président Bassirou Diomaye Faye.

