La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a ouvert, mercredi 23 septembre 2026 à Abuja, une réunion régionale consacrée à l’évaluation et à la planification stratégique de sa politique pour l’enfance. Les échanges portent notamment sur les progrès réalisés, les insuffisances constatées et les actions à renforcer pour mieux protéger les enfants dans l’espace communautaire.
À l’ouverture de la rencontre, le directeur par intérim des Affaires humanitaires et sociales de la Commission de la CEDEAO, Dr Ibrahim Mohammed, a souligné les nombreux obstacles qui entravent la réalisation des droits de l’enfant en Afrique de l’Ouest.
Son allocution, prononcée par la chargée de programme Droits de l’enfant, Protection de l’enfant et Travail des enfants, Mme Bassasso Essossinam Ali Tiloh, a notamment cité la pauvreté, les déplacements de populations, les destructions d’infrastructures essentielles, les épidémies liées aux inondations, l’insécurité alimentaire et la malnutrition.
Selon le communiqué consacré à la rencontre, des millions d’enfants de la région restent privés de leurs droits à l’éducation, à la santé, à la protection et à la participation. Cette situation est notamment liée à la pauvreté, au genre, à l’appartenance ethnique, à la nationalité, à l’absence de documents ou encore à l’origine géographique.
La réunion revient sur la Politique de la CEDEAO pour l’Enfance et son Plan d’action stratégique 2019-2030, adoptés le 29 juin 2019 à Abuja. Ce cadre vise à aider les États membres à créer un environnement favorable à la survie, au développement, à la protection et à la participation des enfants.
Les participants examinent également les différents défis auxquels sont confrontés les enfants ouest-africains, parmi lesquels les risques environnementaux, la pauvreté, les crises et conflits, les situations d’urgence, les inégalités de genre, certaines maladies, ainsi que les déplacements forcés et les situations de mobilité.
La rencontre doit également permettre d’aborder le Système de gestion de l’information sur les droits de l’enfant de la CEDEAO et plusieurs autres initiatives régionales.
Intervenant au nom du Sénégal, qui assure actuellement la présidence en exercice de la CEDEAO, Mme Mariam Fitumi Shaibu a estimé que la valeur de la politique régionale se mesure à la capacité des États à traduire les engagements en actions, programmes, institutions efficaces et améliorations concrètes dans la vie des enfants.
Dans son communiqué, la CEDEAO souligne par ailleurs la nécessité d’identifier les progrès accomplis, les lacunes et les nouveaux défis, tout en renforçant la collaboration et la responsabilité des différents acteurs.
Le représentant du Groupe régional pour la Protection de l’enfant (GRPE), Aimé Bada, a également insisté sur la participation des enfants eux-mêmes. Il a appelé à leur permettre d’exprimer leurs expériences, préoccupations et propositions, afin que leur contribution soit prise en compte dans les décisions qui les concernent.
L’évaluation engagée à Abuja apparaît ainsi comme une étape destinée à examiner les acquis de la politique régionale, mais aussi à identifier les actions à renforcer pour les années à venir.

