Mar Wandié : école, santé, transport , une île face à son l’enclavement et à de multiples difficultés, un isolement qui pèse lourdement sur les populations

Dans le delta du fleuve Saloum, Mar Wandié fait face à une accumulation de difficultés liées à son enclavement. Absence de structure sanitaire, réseau téléphonique instable, Internet inexistant, difficultés de déplacement et raréfaction des ressources halieutiques rythment le quotidien des quelque 200 habitants de cette île.

Dans un récit consacré à cette localité, Sud Quotidien décrit une population confrontée à un isolement qui complique aussi bien l’accès à l’école qu’aux soins et aux activités économiques. Pour rejoindre Mar Wandié depuis Ndagane Sambou, il faut d’abord emprunter une pirogue avant de poursuivre à pied et de traverser un pont aujourd’hui fortement dégradé.

Entre Mar Lodj et Mar Wandié, les charrettes assurent une partie des déplacements, mais leur coût reste difficilement accessible à de nombreux habitants. Elles sont surtout utilisées par les touristes. Pour les populations locales, certains déplacements nécessitent ainsi de marcher une dizaine de kilomètres.

Le pont constitue l’un des symboles les plus visibles de cet enclavement. Financé à l’origine sur fonds propres par les populations, l’ouvrage est aujourd’hui dans un état de dégradation avancé. À chaque passage, sa structure tremble sous les pas. Des habitants attribuent cette situation à des modifications qui auraient été apportées à sa conception initiale pour faciliter le passage d’une embarcation.

Les difficultés commencent dès le trajet vers l’école. Les élèves doivent parfois traverser l’eau en portant leurs sacs et leurs fournitures sur la tête. Des vêtements de rechange sont déposés de l’autre côté de la lagune afin qu’ils puissent se changer après la traversée. Selon Marie Bopp, certains enfants doivent se lever dès 6 heures pour espérer être en classe à 8 heures.

Les conditions de retour peuvent également se compliquer en fonction de la marée. Les élèves utilisent alors des bassines pour protéger leurs cahiers et leur matériel scolaire. Ces contraintes entraînent des retards fréquents et peuvent, selon les témoignages recueillis, conduire à des renvois de classe ou à la convocation des parents.

Sud Quotidien rapporte également que l’accès aux soins constitue une difficulté majeure. Mar Wandié ne dispose ni de case de santé ni de pharmacie. Pour les soins les plus élémentaires, les habitants doivent se rendre à Mar Lodj ou à Djirnda, situées à une dizaine de kilomètres.

Pour les femmes enceintes, cette distance peut prendre une dimension particulièrement dramatique. Des témoignages font état d’accouchements sur le chemin, au bord de l’eau ou à domicile, faute de moyens de transport. Adama Thiam, présidente des femmes et aide-soignante à Mar Wandié, affirme avoir été témoin de plusieurs accouchements sur le trajet.

Le récit évoque notamment le cas d’une femme ayant accouché en chemin ainsi que celui d’une autre ayant donné naissance à des jumeaux alors qu’elle tentait de traverser la mer. Selon son témoignage, les deux nouveau-nés sont morts de froid.

À Mar Lodj, des familles ont également parfois dû transporter des enfants dans des bassines pour rejoindre les structures de soins. L’absence de moyens de transport adaptés oblige certaines femmes à accoucher à domicile avant d’entreprendre, avec leur nouveau-né, un trajet difficile vers le district de Mar Lodj.

L’isolement pèse également sur d’autres aspects de la vie du village. Mar Wandié dispose aujourd’hui de cimetières, alors qu’autrefois les défunts devaient être transportés jusqu’à Djirnda par pirogue. L’absence d’électricité empêche toutefois la construction d’une morgue.

À ces difficultés s’ajoutent l’instabilité du réseau téléphonique et l’absence d’Internet. Les populations, majoritairement pêcheurs, font aussi face à la raréfaction des ressources halieutiques et aux changements de leur environnement marin, qu’elles imputent aux changements climatiques et à l’exploitation du champ gazier de Sangomar.

Dans ce quotidien marqué par les contraintes, la solidarité villageoise et les veillées accompagnées de chants de nguel, de tams-tams et de gambs constituent parmi les rares moments de répit pour les habitants.

Mamadou Nancy Fall
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