Le Sénégal En Détresse ? La République Est-Elle En Train De Nous Échapper ? Par Serigne Habib Ndaw

Appel solennel au sursaut républicain  – le Sénégal avant les clans, les institutions avant les hommes, l’intérêt national avant la politique politicienne.

Par Serigne Habib Ndaw

 

Le Sénégal traverse une période qui interpelle profondément la conscience nationale.

Les difficultés économiques et sociales, les tensions politiques, les incompréhensions qui s’installent dans le fonctionnement de l ‘État et les interrogations  croissantes sur nos institutions donnent le sentiment d’un pays qui peine à retrouver sa sérénité et sa direction.

Une question mérite dès lors d’être posée avec gravité

Sommes- nous encore pleinement dans une République où les institutions dominent les hommes, ou sommes-nous progressivement en train de glisser vers une forme de » monarchie républicaine  » , où les rapports de force, les appartenances politiques et les intérêts de clans risquent de prendre le dessus sur l’intérêt général ?

 

Il ne s’agit ni d’accuser sans preuve, ni de condamner des personnes.

Il s’agit de tirer la sonnette d’alarme.

 

La République Avant Les Hommes

 

Une démocratie ne se résume pas à organiser des élections.

Elle repose sur les institutions fortes, respectueuses de la constitution et des lois, capables de fonctionner normalement, quelles que soient les ambitions, les rivalités ou les appartenances politiques des acteurs qui les dirigent.

Lorsque la logique de conquête, de positionnement ou de confrontation politique semble occuper tout l’espace public, le risque est considérable : la République finit par passer au second plan.

 

Or, aucune majorité, aucun parti, aucun responsable politique, aucune personnalité aussi légitime soit-elle, ne peut être confondu avec l’Etat.

L’État appartient à la Nation.

La République appartient au peuple.

Les institutions appartiennent à tous.

C’est précisément pour cette raison que leur fonctionnement doit être preservé au-dessus des contingences politiques.

 

Le Risque D’une  » Chasse Aux Sorcières  » Politique.

Une autre préoccupation mérite aujourd’hui d’être exprimée avec la plus grande prudence, mais avec franchise.

Dans le débat public sénégalais, certains donnent le sentiment qu’une forme de  » chasse aux sorcières « politique serait en train de s’installer à l ‘encontre de responsables, de militants ou de cadres appartenant au PASTEF, parti pourtant issu du suffrage et de la compétition démocratique.

Une telle perception, si elle devait se confirmer par les faits établis, serait extrêmement préoccupante pour notre démocratie.

 

Il ne revient à personne de demander l’impunité pour qui que ce soit. Toute personne soupçonnée d’avoir commis une infraction doit répondre de ses actes dans le strict respect de la loi, des droits de la défense et de la présomption d’innocence.

Mais précisément pour cette raison, les accusations doivent reposer sur des faits, les procédures sur le droit et les décisions sur des motifs juridiquement fondés, et non sur l’appartenance politique réelle ou supposée d’un citoyen.

La question mérite donc d’être posée :

Un citoyen doit -il perdre ses droits, ses responsabilités ou son emploi simplement parce qu’il appartient, a appartenu ou est réputé proche d’un parti politique qui n’est plus au pouvoir ?

La réponse républicaine ne peut être que non .

 

L’administration Ne Doit Pas Devenir Un Terrain De Règlement Politique

 

L’administration de l ‘État n’est ni la priorité d’un parti, ni celle d’un gouvernement.

Elle est au service de la République et de l ‘ensemble des citoyens.

 

Dès lors, lorsque des cadres ou agents publics sont relevés de leurs fonctions, mutés ou écartés, la question de la justification objective et transparente de ces décisions peut légitimement être posée lorsqu’elles apparaissent liées, dans la perception publique, à leurs convictions ou à leur proximité politique.

Il faut évidemment distinguer ce qui relève de la gestion normale de l ‘administration de ce qui re-léverait d’une sanction politique déguisée.

Mais une démocratie mâture ne peut accepter que le soupçon de discrimination politique devienne une pratique ordinaire.

Les Sénégalais, quelles que soient leurs opinions, doivent bénéficier des mêmes droits et être soumis aux mêmes obligations.

Être militant du PASTEF, de quelque autre parti ou n’être membre d’aucun parti ne devrait jamais, à lui seul, constituer un motif d’exclusion de la République.

Le service de l ‘État exige compétence, intégrité, loyauté républicaine et respect des lois  – pas une carte de fidélité politique.

De La Diversité Politique À La Logique De Clan ?

 

Une autre interrogation mérite d’être posée.

Si, au lieu de permettre à la diversité des compétences Sénégalaises de servir l’Etat, on en venait à privilégier systématiquement des personnes issues du cercle politique, relationnel ou militant des gouvernants, nous entrerions dans une logique profondément contraire à l’esprit républicain.

 

Un État ne peut pas fonctionner durablement comme un parti.

Le gouvernement gouverne au nom de la République.

L’administration travaille au nom de l ‘État.

Les institutions exercent leurs compétences au nom du peuple.

Et les nominations aux responsabilités devraient répondre, autant que possible, à des critères de compétence , d ‘expérience, d’intégrité et d’intérêt général.

Il ne s’agit pas de contester le droit légitime d’un gouvernement à choisir ses collaborateurs et à mettre en œuvre son programme.

Il s’agit de rappeler une règle élémentaire :

 

le pouvoir politique change ; l’ État demeure.

Ce qui serait dangereux, ce n’est pas qu’un gouvernement choisisse des personnes qui partagent son projet. Ce qui serait dangereux serait que l’appartenance à un camp devienne, en pratique, une condition déterminante pour accéder aux responsabilités publiques ou les conserver.

Le Pastef, Comme Tout Parti, A Droit À L’existence Démocratique

 

Il faut également avoir le courage de le dire : on peut être favorable ou défavorable au Pastef, soutenir son action ou la critiquer sévèrement.

Mais dans une république avoir le courage de le dire : on peut être favorable ou défavorable au Pastef, soutenir son action ou la critiquer sévèrement.

Mais dans une République démocratique, un parti politique ne doit pas être combattu par des moyens qui sortiraient du cadre de la loi.

Si ses dirigeants commettent des fautes, la justice doit pouvoir intervenir.

S’ils commettent des erreurs politiques, les électeurs doivent pouvoir les sanctionner.

S’ils gouvernent mal, l’opposition et la société civile doivent pouvoir les critiquer.

Mais la réponse à un parti politique doit d’abord être politique, démocratique et républicaine  – jamais arbitraire.

La démocratie ne consiste pas à protéger uniquement ceux que nous aimons.

Elle consiste précisément à garantir les droits de ceux avec lesquels nous sommes en désaccord.

C’est là que se mesure la solidarité d’une République.

Ne Remplaçons Pas Un Clan  Par Un Autre

Le Sénégal ne gagnerait rien à passer d’un système dominé par une famille politique à un autre dominé par un nouveau cercle d’influence.

 

La véritable rupture ne peut pas être le remplacement d’un clan par un autre.

Elle doit être le passage d’une République où les appartenances personnelles peuvent parfois peser lourdement à une république où les règles, les institutions, la compétence et l’intérêt général deviennent les véritables arbitres.

Nous devons précisément éviter de reproduire ce que nous avons pu reprocher hier à d’autres.

La République ne doit appartenir à personne.

Elle doit appartenir à tous.

 

Le Danger De La  » Politique Politicienne  »

Le Sénégal n’a pas besoin d’une politique qui transforme chaque difficulté en affrontement, chaque désaccord en crise et chaque décision publique en enjeu de positionnement.

 

Le pays a besoin de travail, de stabilité, de justice, de discipline collective, de transparence et surtout de visibilité sur son avenir.

La politique est à nécessaire à la démocratie.

Mais la politique politicienne, lorsqu’elle prend le pas sur l’intérêt national, devient un danger pour la République.

À force de regarder les rapports de force, les ambitions personnelles et les prochaines échéances électorales, nous risquons d’oublier une évidence :

Le Sénégal ne peut pas attendre.

Les familles qui peinent à vivre dignement ne peuvent plus attendre.

Les jeunes qui cherchent un emploi ne peuvent pas attendre  .

Les entreprises qui étouffent ne peuvent pas attendre.

Les agriculteurs, les commerçants et les consommateurs confrontés à la vie chère ne peuvent pas attendre.

Notre administration, nos territoires et nos services publics ne peuvent pas atteindre.

 

L ‘Intérêt Republicain Doit Reprendre Le Dessus

 

Le véritable débat devrait être ailleurs.

Comment relancer durablement notre économie ?

Comment réduire le coût de la vie ?

Comment créer massivement des emplois et des activités dans les territoires ?

Comment restaurer la confiance entre les  citoyens et les institutions ?

Comment garantir une gouvernance exemplaire, transparente et responsable ?

Comment faire de la reddition des comptes une exigence normale de la République plutôt qu’un instrument de confrontation politique ?

 

Voilà les questions qui devraient mobiliser toutes les énergies nationales.

 

Le Sénégal n’a pas besoin d’une guerre des institutions. Il a besoin d’institutions qui travaillent.

 

Il n’a pas besoin d’une compétition permanente entre responsables publics. Il a besoin de responsables capables de dépasser leurs intérêts politiques lorsqu’ils sont confrontés à l’intérêt supérieur de la Nation.

Ne Laissons Pas La République S’installer Dans Le Silence

Le silence des citoyens face aux dérives qu’ils perçoivent peut être interprété comme de l’indifférence.

Mais une démocratie vivante ne peut fonctionner sans une vigilance citoyenne pacifique, responsable et permanente.

Nous devons réclamer simplement ce qui devrait être la règle :

la primauté du droit, le respect des institutions, la transparence de l’action publique, l’égalité des citoyens et priorité absolue donnée à l’intérêt national.

2029 Ne Doit Pas Être L’horizon Du Sénégal

Le Sénégal ne pas vivre dans l’attente permanente des prochaines échéances électorales.

2029 viendra en son temps.

Mais entre-temps, il y a un pays à gouverner, une économie à redresser, une jeunesse à rassurer, des familles à soulager et une République à consolider.

L’histoire jugera moins les hommes sur leurs discours que sur leur capacité à servir la Nation dans les moments difficiles.

Il est donc temps de sortir de la logique du  » qui gagnera demain ? » pour revenir à la question essentielle :

 » Que devons-nous faire aujourd’hui pour sauver et renforcer le Sénégal ?  »

L’heure Du Sursaut Républicain

Notre pays possède des ressources considérables : une jeunesse dynamique, une société civile active, des cadres compétents, une diaspora importante, une histoire politique riche et une tradition de dialogue.

Ce capital national ne doit pas être gaspillé dans des querelles de personnes ou des affrontements de pouvoir.

Il faut retrouver l’esprit du JOM , du KERSA, du NGOR,  du TEGGIN, du DIOM et du SUTURA : cette exigence Sénégalaise de dignité, de retenue, de responsabilité et de respect de l’autre.

Appel Au Peuple Sénégalais

Cette tribune n’est pas un appel à la confrontation.

Elle est un appel à la vigilance.

 

Elle est un appel au calme, à la responsabilité et au sursaut  .

Nous devons tous comprendre qu’au-dessus des partis, des coalitions, des ambitions individuelles et des échéances électorales, il existe une réalité qui nous rassemble :

Le Sénégal.

Que chacun fasse donc son examen de conscience.

Que les gouvernants se souviennent qu’ils ne sont que les dépositaires temporaires d’un pouvoir exercé au nom du peuple.

Que les oppositions se souviennent que critiquer le pouvoir ne dispense pas de protéger l’Etat.

Que la société civile continue à jouer son rôle de vigie.

Et que les citoyens refusent à la fois la résignation et la violence.

Le moment n’est pas venu de choisir entre des hommes.

Le moment est venu de choisir entre deux conceptions de la République :

celle où les institutions servent l’intérêt général, et celle où les intérêts politiques risquent de prendre le dessus sur la Nation.

Le choix devrait être évident  .

 

La République D’abord.

Le Sénégal D’abord.

Les Hommes Après.

 

C’est maintenant qu’il faut sonner l’alerte.

C’est maintenant qu’il faut préserver la République.

C’est maintenant qu’il faut remettre l ‘intérêt national au-dessus de tout.

 

Monsieur

Serigne Habib Ndaw

Patriote Octogénaire Engagé Au Service De La Nation.

Le 13 Septembre 2026

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