Revendications à Matam : les personnes vivant avec un handicap face à la précarité et l’inaccessibilité exigent l’application effective de la loi d’orientation sociale

Des personnes vivant avec un handicap ont investi pacifiquement les rues de Matam pour exprimer leur profond mécontentement face à leurs conditions de vie et aux difficultés persistantes d’accès aux infrastructures et services publics. La manifestation s’est achevée devant la gouvernance régionale, où un mémorandum a été remis aux autorités.

Selon Sud Quotidien, le cortège est parti de l’angle Fadel avant de rejoindre les services de la gouvernance. Les manifestants entendaient notamment attirer l’attention des pouvoirs publics sur les obstacles auxquels ils sont confrontés quotidiennement dans les espaces publics comme privés.

Le président de la Fédération régionale des personnes vivant avec un handicap de Matam, Modou Hamidou Ndiong, a dénoncé l’absence d’aménagements adaptés aux personnes à mobilité réduite. « Nous avons constaté que les personnes vivant avec un handicap rencontrent des problèmes d’inaccessibilité dans tous les édifices publics et privés de la région », a-t-il déclaré à la presse.

Au-delà de l’accessibilité physique, les manifestants réclament surtout l’application effective de la loi d’orientation sociale. Ils demandent notamment la signature des décrets d’application permettant de rendre opérationnelles les dispositions déjà prévues par cette législation.

« L’appel que nous lançons à l’État, c’est d’abord la signature des décrets issus de la loi d’orientation sociale », a insisté Modou Hamidou Ndiong, estimant que les personnes vivant avec un handicap ne peuvent continuer à attendre l’application de mesures censées améliorer leur prise en charge.

La manifestation a également permis de mettre en lumière les difficultés rencontrées dans les structures sanitaires de la région. Le responsable associatif a déploré les conditions d’accueil réservées aux personnes vivant avec un handicap dans les services de santé et appelé les autorités sanitaires à prendre des dispositions appropriées.

Dans son compte rendu, Sud Quotidien relève ainsi un décalage persistant entre l’existence du cadre juridique et sa mise en œuvre concrète sur le terrain. Pour les manifestants, l’heure n’est plus seulement aux engagements, mais à l’application effective des mesures annoncées.

À Matam, cette mobilisation pacifique apparaît donc comme un nouvel appel à l’État pour faire de l’inclusion des personnes vivant avec un handicap une réalité dans les infrastructures publiques, les services de santé et l’accès aux droits sociaux.

Dieyna SENE
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