Greenpeace Afrique et plusieurs organisations de la société civile exhortent les présidents Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni à faire preuve de transparence sur les discussions pétrolières autour du lac Albert et à renoncer à toute extension des activités d’exploitation dans le Graben Albertin. Les organisations mettent en garde contre les conséquences environnementales et sociales d’un tel projet.
La perspective d’un renforcement de la coopération pétrolière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda suscite de vives inquiétudes au sein de plusieurs organisations environnementales.
Greenpeace Afrique s’est associée à une coalition regroupant des organisations de la société civile congolaise, ougandaise et internationale pour adresser une lettre ouverte aux présidents Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni. Les signataires demandent aux deux dirigeants de renoncer à toute expansion pétrolière dans le Graben Albertin, une région considérée comme l’un des principaux réservoirs de biodiversité du continent.
Cette initiative intervient alors que des informations font état de discussions entre Kinshasa et Kampala concernant une coopération dans l’exploitation des hydrocarbures autour du lac Albert.
Pour Greenpeace Afrique, toute décision concernant ces ressources naturelles devrait être précédée d’une transparence totale, d’une information complète des populations concernées et du respect du principe du consentement libre, préalable et éclairé des communautés locales.
L’organisation rappelle que le Bassin du Congo constitue l’un des plus importants puits de carbone de la planète et joue un rôle essentiel dans la lutte contre le changement climatique.
Selon Toussaint Molenge, responsable de la campagne Forêt du Bassin du Congo chez Greenpeace Afrique, une extension des activités pétrolières dans cette région compromettrait non seulement les engagements climatiques des États concernés, mais également les moyens de subsistance de millions de personnes dépendantes des ressources naturelles.
Les ONG soulignent également que les précédents projets pétroliers développés dans la région des Grands Lacs ont déjà suscité de nombreuses critiques concernant leurs impacts sur l’environnement, les droits humains et les communautés riveraines.
La coalition demande notamment la publication des accords conclus entre les deux pays, la réalisation d’évaluations indépendantes des impacts environnementaux et sociaux ainsi que l’organisation de consultations inclusives avec les populations concernées.
Les organisations insistent enfin sur la nécessité de préserver durablement des sites naturels d’une importance écologique mondiale, parmi lesquels figurent le lac Albert, le lac Édouard, la rivière Semliki et le Parc national des Virunga.
Pour Greenpeace Afrique, le développement économique de la région ne saurait se faire au détriment de la biodiversité, des peuples autochtones et des communautés locales, plaidant plutôt pour une transition énergétique compatible avec les impératifs climatiques.

