Kédougou : deux personnes déférées pour traite d’êtres humains et proxénétisme

L’Antenne régionale de Kédougou de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a déféré au parquet du Tribunal de Grande Instance de Kédougou deux individus poursuivis pour association de malfaiteurs, proxénétisme, traite de personnes par exploitation sexuelle et par le travail, ainsi que complicité de traite.

Les faits remontent au 20 juillet 2026, lorsque la DNLT a été alertée par une source anonyme de la présence, dans le quartier de Lafia, d’une jeune fille d’origine nigériane victime d’un réseau d’exploitation.

Un système criminel bien organisé

Les investigations ont révélé l’existence d’un réseau structuré autour de deux principales suspectes. La première, basée à Kharakhéna, aurait organisé le voyage clandestin de la victime depuis le Nigéria vers le Sénégal, en lui imposant une dette fictive d’un million de francs CFA au titre de prétendus frais de transport.

La seconde, installée à Lafia, gérait un bar clandestin doté de trois chambres attenantes. Elle aurait pris en charge la victime pour l’assujettir à la prostitution forcée, tout en prélevant un loyer mensuel de 30 000 FCFA sur les gains issus de cette activité.

Selon les enquêteurs, les fonds collectés étaient ensuite transférés à la passeuse de Kharakhéna via Mobile Money afin de rembourser la prétendue dette.

Deux opérations décisives

Lors de la première phase de l’intervention, menée à Lafia, les agents de la DNLT ont interpellé la première suspecte et mis la jeune victime en sécurité. Cette dernière a reconnu percevoir une commission sur l’activité prostitutionnelle de la victime et transférer les fonds à sa complice.

Grâce à sa coopération, les enquêteurs ont ensuite investi le domicile-restaurant de la principale mise en cause à Kharakhéna. Cette opération a permis son arrestation ainsi que l’identification d’une seconde victime de nationalité étrangère.

Placée en garde à vue, la suspecte principale a reconnu l’intégralité des faits. Elle a admis avoir déjà extorqué 700 000 FCFA sur le million réclamé à la première victime, le reliquat s’élevant à 300 000 FCFA.

Les investigations ont également révélé que la victime était soumise à une double exploitation : elle travaillait de 7h à 20h dans le restaurant sans rémunération, avant d’être contrainte de se prostituer la nuit.

À l’issue de la garde à vue et de la clôture de l’enquête préliminaire, les mis en cause ont été présentés à l’autorité judiciaire pour l’engagement des poursuites pénales.

La Police nationale a réaffirmé sa mobilisation dans la lutte contre la traite des êtres humains et a invité la population à signaler toute information utile au numéro gratuit 800 00 17 00.

Saphiétou Mbengue
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