Gorée sans liaison régulière : la panne des deux chaloupes inquiète habitants et touristes

L’île historique de Gorée traverse une situation préoccupante depuis la panne des deux chaloupes assurant habituellement la liaison avec Dakar. Résidents, touristes et opérateurs économiques dénoncent une rupture de continuité territoriale qui ravive les inquiétudes sur la sécurité et la modernisation de la desserte maritime.

L’île de Gorée est confrontée à une quasi-paralysie de son transport maritime après la mise hors service simultanée de ses deux principales chaloupes, selon des informations relayées par walf-groupe.com.

Depuis le vendredi 29 mai 2026, au lendemain de la Tabaski, les navires Coumba Castel, en exploitation depuis 1993, et Béer, mis en service en 2000, sont immobilisés à la suite de pannes techniques. Cette situation prive les habitants de leur principal moyen de liaison avec Dakar et perturbe fortement les déplacements des visiteurs et des acteurs économiques.

Pour limiter les conséquences de cette interruption, une vedette de secours pouvant transporter une vingtaine de passagers effectue des rotations exceptionnelles. Toutefois, cette solution d’urgence demeure largement insuffisante face à la demande quotidienne de transport entre l’île et le continent.

Selon walf-groupe.com, l’incompréhension est d’autant plus grande que la nouvelle chaloupe Boubacar Joseph Ndiaye, destinée à renforcer la desserte de Gorée, demeure immobilisée au quai depuis près de deux ans sans qu’aucune explication claire ne soit fournie sur son état ou les raisons de sa non-mise en service.

Cette crise remet au premier plan la question de la vétusté de la flotte affectée à la liaison maritime de l’île. De nombreux habitants s’inquiètent de l’état des embarcations vieillissantes et redoutent les risques liés à leur exploitation, dans un pays encore marqué par le souvenir du naufrage du Joola.

Les autorités avaient pourtant annoncé l’acquisition de deux nouvelles chaloupes hybrides de 350 places chacune, dans le cadre d’un programme évalué à 25,5 milliards de FCFA et dont la livraison est prévue pour décembre 2027. Mais pour les usagers, cette perspective apparaît lointaine face aux difficultés immédiates rencontrées.

Au-delà des désagréments quotidiens, la situation soulève des interrogations sur la continuité du service public maritime vers l’un des principaux sites touristiques et patrimoniaux du Sénégal, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mamadou Nancy Fall
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