Filière Anacarde : les transformateurs réclament l’application du prélèvement de 20 FCFA par kilogramme exporté pour la mise en œuvre du fonds de soutien

Les transformateurs sénégalais de noix de cajou intensifient leur plaidoyer en faveur de l’entrée en vigueur du prélèvement de 20 FCFA par kilogramme exporté destiné à financer un fonds de soutien à la filière. Selon eux, cette mesure est indispensable pour développer la production, renforcer la transformation locale et améliorer la compétitivité du secteur, rapporte Agence Ecofin.

Les transformateurs de la filière anacarde poursuivent leur mobilisation afin d’obtenir l’application du prélèvement de 20 FCFA par kilogramme sur les exportations de noix de cajou, une mesure destinée à alimenter un fonds de soutien au développement de l’ensemble de la chaîne de valeur. Agence Ecofin rapporte que cette revendication a été réaffirmée lors d’une réunion tenue le 25 juin à Ziguinchor.

Selon Elimane Dramé, président du Collège des transformateurs de la zone Sud, ce fonds permettrait de financer la recherche variétale, l’amélioration des pratiques culturales, l’accompagnement technique des producteurs ainsi que le renforcement des capacités des unités locales de transformation. Il contribuerait également à constituer des stocks de sécurité et à faciliter la commercialisation des noix de cajou, précise Agence Ecofin.

Toutefois, la mise en œuvre du dispositif reste suspendue. Les exportateurs souhaitent reporter son application à 2027, invoquant des engagements commerciaux déjà contractés. D’après Elimane Dramé, le mécanisme administratif n’est pas encore totalement opérationnel, notamment en raison de l’absence d’un comité de gestion et d’un compte bancaire dédié à la collecte des contributions.

Les transformateurs rappellent également que plusieurs engagements pris par les autorités après la campagne difficile de 2024 n’ont pas été concrétisés. Les promesses portant sur une prime à l’exportation des amandes et sur la constitution d’un stock stratégique destiné aux industriels locaux seraient restées sans suite, ce qui fragilise davantage les entreprises du secteur.

À ces difficultés s’ajoute une campagne 2026 jugée particulièrement compliquée. Les professionnels évoquent un retard de production, une baisse des volumes disponibles dans certaines zones et une forte hausse des prix d’achat de la matière première, qui atteint jusqu’à 750 FCFA le kilogramme à Ziguinchor. Ces niveaux de prix réduisent considérablement la rentabilité des unités de transformation.

Le cabinet spécialisé N’kalô, cité par Agence Ecofin, confirme cette tension sur le marché. Selon son dernier bulletin, l’offre est en forte baisse dans les principales zones de production sénégalaises, tandis que les prix poursuivent leur progression, stimulés notamment par les achats des opérateurs étrangers, en particulier indiens.

Avec près de 130 000 producteurs exploitant environ 300 000 hectares, la filière anacarde occupe une place stratégique dans l’économie agricole sénégalaise. Les transformateurs espèrent que la mise en place rapide du fonds permettra de renforcer la valeur ajoutée locale et de réduire la forte dépendance du pays aux exportations de noix brutes.

Momar Diack SECK
Up Next

Related Posts