Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 2 juillet 2026, les députés de l’opposition ont vivement dénoncé ce qu’ils qualifient de « dérive institutionnelle » au sein de l’Assemblée nationale. Ils contestent toujours la légitimité du président de l’institution, condamnent les incidents survenus lors de la séance du 29 juin et annoncent une série d’initiatives destinées à alerter l’opinion nationale ainsi que les partenaires internationaux.
Les députés de l’opposition ont élevé le ton, jeudi, face à ce qu’ils considèrent comme une remise en cause des principes démocratiques au sein de l’Assemblée nationale. Au cours d’une conférence de presse, ils ont affirmé que le Parlement traverse une crise institutionnelle marquée, selon eux, par des violations répétées du Règlement intérieur, une restriction des droits de l’opposition et une concentration excessive du pouvoir entre les mains de la majorité.
Les parlementaires ont réitéré leur refus de reconnaître la légitimité du président de l’Assemblée nationale, estimant que son accession à cette fonction s’est opérée en violation des règles juridiques applicables. Selon eux, ce précédent fragilise l’État de droit en laissant penser qu’une majorité parlementaire peut s’affranchir de la loi grâce à sa supériorité numérique.
L’opposition est également revenue sur les incidents du 29 juin 2026, au cours desquels un député a été expulsé de l’hémicycle après l’intervention de la Gendarmerie nationale. Les conférenciers ont qualifié cet épisode de « précédent extrêmement dangereux » pour l’indépendance du pouvoir législatif, estimant qu’aucune disposition du Règlement intérieur ne permet au président de l’Assemblée nationale de requérir une telle intervention contre un député dans l’exercice de son mandat. Ils réclament des explications sur les circonstances de cette opération, son fondement juridique et les responsabilités engagées.
Au-delà de cette dénonciation, les députés de l’opposition annoncent le lancement d’une vaste campagne de sensibilisation. Celle-ci comprendra des rencontres avec les missions diplomatiques accréditées au Sénégal, les chefs religieux, les autorités coutumières, les organisations de la société civile, les syndicats, les universitaires ainsi que les organisations de jeunesse et de femmes. L’objectif affiché est d’alerter sur les risques que, selon eux, ces pratiques font peser sur le fonctionnement des institutions démocratiques.
Les parlementaires prévoient également de saisir plusieurs organisations régionales et internationales, notamment les instances interparlementaires, la CEDEAO, l’Union africaine et l’UEMOA, afin de porter à leur connaissance les griefs formulés contre le fonctionnement actuel de l’Assemblée nationale. Ils précisent que cette démarche ne vise pas à ternir l’image du Sénégal, mais à solliciter la vigilance des institutions chargées de la promotion de la démocratie et de l’État de droit.
En conclusion, les députés de l’opposition ont réaffirmé leur attachement à la Constitution, à la séparation des pouvoirs et au pluralisme politique. Ils assurent qu’ils poursuivront leur action parlementaire tout en refusant, selon leurs termes, toute forme d’intimidation ou d’atteinte à la liberté d’expression des représentants du peuple.

