Le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a salué mardi les progrès enregistrés dans la lutte contre la faim dans le monde, à l’occasion du lancement du rapport 2026 sur l’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde (SOFI).
Selon ce rapport, environ 645 millions de personnes, soit 7,8 % de la population mondiale, ont souffert de la faim en 2025. Ce chiffre marque une baisse de près de 14 millions de personnes par rapport à 2024 et de 43 millions par rapport au pic de 2022.
L’insécurité alimentaire modérée ou grave a également reculé : elle touchait environ 2,1 milliards de personnes en 2025, soit 86 millions de moins qu’un an auparavant. Les améliorations les plus notables ont été observées en Amérique du Sud et en Asie, notamment en Asie du Sud.
S’exprimant depuis le siège de la FAO à Rome, M. Qu a estimé que ces résultats démontrent que « la faim n’est pas une fatalité ». Il a plaidé pour des politiques économiques solides, une protection sociale renforcée et des investissements durables dans des systèmes agroalimentaires plus efficaces, inclusifs et résilients.
Le lancement du rapport a réuni plusieurs responsables des agences onusiennes partenaires, dont Alvaro Lario, président du FIDA ; Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS ; et Carl Skau, directeur exécutif par intérim du PAM.
Lors d’une table ronde, plusieurs ministres ont partagé leurs expériences nationales en matière de lutte contre la faim et la malnutrition, parmi lesquels Cheikhou Oumar Ba, ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage.
Malgré ces avancées, le rapport avertit que les progrès restent fragiles et inégalement répartis. En Afrique, la prévalence de la faim est passée de 20,3 % en 2024 à 20,0 % en 2025, interrompant pour la première fois depuis 2017 la tendance à la hausse. Toutefois, environ 309 millions d’Africains demeurent sous-alimentés.
À l’échelle mondiale, la FAO estime qu’environ 520 millions de personnes pourraient encore souffrir de la faim en 2030, compromettant ainsi l’atteinte de l’Objectif de développement durable n°2, « Faim Zéro ». Les risques liés à un éventuel épisode El Niño de forte ampleur et à la baisse des financements pour le développement et l’aide humanitaire pourraient encore aggraver cette situation.
Le rapport souligne également qu’près d’un tiers de la population mondiale n’a toujours pas les moyens de se procurer une alimentation saine. Les coûts élevés du stockage, de la transformation, du transport et de la distribution continuent de renchérir les aliments nutritifs, en particulier les fruits, les légumes et les produits d’origine animale.
Pour accélérer les progrès, la FAO appelle les gouvernements à maintenir ouverts les marchés alimentaires et agricoles, à éviter les restrictions à l’exportation et à renforcer les programmes de protection sociale. Elle recommande aussi des investissements à long terme dans l’irrigation, les infrastructures de stockage, la chaîne du froid, les transports et les systèmes d’alerte précoce.
« Dans un monde de chocs continus et imbriqués, le progrès ne va pas de soi ; il doit être protégé, accéléré et étendu à tous, partout », a conclu Qu Dongyu.

