À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite des personnes célébrée le 30 juillet, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a lancé une nouvelle alerte sur l’expansion rapide des réseaux de cybercriminalité fondés sur l’exploitation d’êtres humains. D’après EnQuête, des centaines de milliers de personnes sont attirées par de fausses offres d’emploi avant d’être séquestrées et contraintes de participer à des escroqueries en ligne au profit d’organisations criminelles internationales.
Selon les données citées par EnQuête, les pertes financières liées à ces arnaques numériques ont atteint entre 88,3 et 114,1 milliards de dollars en 2025 dans plusieurs pays d’Asie et du Pacifique. Une part importante de ces sommes aurait alimenté directement les réseaux du crime organisé.
L’ampleur du phénomène dépasse désormais largement les frontières asiatiques. Les victimes identifiées proviennent de près de 80 nationalités, tandis que les recruteurs ciblent désormais des populations au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe de l’Est, dans les Balkans, en Asie du Sud, en Amérique latine ainsi que dans les Caraïbes.
Face à cette évolution, l’OIM a adopté une stratégie régionale couvrant la période 2026-2030, axée sur le renforcement de la prévention, la protection des victimes, la coopération judiciaire entre États et le démantèlement des réseaux criminels opérant notamment en Asie et dans le Pacifique.
L’organisation internationale indique avoir déjà assisté plus de 3 500 victimes originaires de 39 pays entre 2022 et 2025 en Asie du Sud-Est. Pour l’OIM, cette nouvelle forme de traite des personnes constitue désormais un défi mondial nécessitant une réponse internationale coordonnée, souligne encore EnQuête.

