La transformation structurelle de l’économie sénégalaise ne pourra pas reposer sur l’action de l’État seul. C’est le message porté jeudi à Dakar par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, qui a appelé les entrepreneurs, industriels, commerçants et investisseurs à jouer un rôle central dans la création de richesses et d’emplois.
S’exprimant lors d’une rencontre de prise de contact et d’échanges avec les acteurs du secteur privé, le chef du gouvernement a clairement placé l’entreprise au cœur de la transformation économique. « La transformation structurelle de l’économie sénégalaise ne se fera pas par la seule volonté de l’État. Elle reposera d’abord sur vous », a-t-il déclaré, en s’adressant aux opérateurs économiques.
Selon l’APS, Ahmadou Al Aminou Lô considère que l’État doit désormais davantage se positionner comme un « État stratège ». Il lui revient, selon lui, de fixer le cap, de réguler, de sécuriser les investissements et de lever les contraintes qui entravent le développement de l’initiative privée.
Dans cette perspective, le Premier ministre a insisté sur trois attentes majeures du secteur privé : la prévisibilité des règles, la célérité de l’administration et le règlement des dettes de l’État. Sur ce dernier point, il a assuré que l’apurement de la dette intérieure serait conduit à son terme, tout en affirmant que le secteur privé national ne devait pas devenir une variable d’ajustement de la trésorerie publique.
Le gouvernement entend également accélérer la mise en œuvre des réformes déjà engagées. Pour Ahmadou Al Aminou Lô, l’enjeu n’est plus nécessairement d’accumuler de nouveaux textes, mais de transformer les réformes existantes en services réellement accessibles et utilisés par les citoyens et les entreprises.
Plusieurs chantiers doivent ainsi être finalisés avant la fin de 2026, notamment les textes d’application du Code des investissements de 2025 et le nouveau cadre des partenariats public-privé. Ces dispositifs doivent, selon le Premier ministre, renforcer la sécurité juridique, protéger les investisseurs contre l’expropriation et garantir la liberté de transfert des capitaux.
Le secteur privé sera également associé à la révision du Code général des Impôts et du Code général des Douanes. Le projet de loi d’orientation sur le patriotisme économique doit, pour sa part, être finalisé.
L’ambition affichée par le gouvernement est de réduire la dépendance de l’économie sénégalaise et de favoriser une économie davantage productive, industrialisée et créatrice de valeur ajoutée locale. L’APS rapporte que le Premier ministre a notamment relevé la faiblesse persistante de la part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB et les difficultés rencontrées par les entreprises sénégalaises pour accéder aux marchés liés aux grands travaux de l’État.
Ahmadou Al Aminou Lô a enfin plaidé pour la constitution de véritables chaînes de valeur autour des ressources naturelles et agricoles, le renforcement des zones économiques spéciales et des pôles industriels, ainsi qu’une meilleure prise en compte du contenu local dans la commande publique et les grands projets d’investissement.

