À peine la rentrée scolaire effective, le système éducatif sénégalais est déjà confronté à une nouvelle menace de perturbation. Le G7, regroupement de syndicats d’enseignants parmi les plus représentatifs, a annoncé une grève totale de trois jours, les 21, 22 et 23 octobre 2026. Les organisations syndicales entendent ainsi protester contre les retards et les manquements qu’elles imputent au Gouvernement dans l’application du protocole d’accord signé le 16 avril dernier.
Dans sa déclaration rendue publique jeudi 15 octobre, le G7 dénonce la lenteur dans la mise en œuvre des engagements pris par les autorités et annonce un plan d’actions d’avertissement. Selon Sud Quotidien, cette décision intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par une rentrée scolaire déjà décalée au 12 octobre en raison des fortes pluies et des inondations ayant affecté plusieurs établissements.
Les enseignants prévoient donc d’observer un arrêt total du travail du mercredi 21 au vendredi 23 octobre. À travers cette mobilisation, ils veulent contraindre les autorités à apporter des réponses concrètes à leurs revendications et à respecter les engagements consignés dans le protocole signé à la Primature.
Des engagements toujours en attente
Au centre de la contestation figure notamment l’absence de publication, en septembre dernier, de l’étude sur le système de rémunération des agents de la fonction publique. Les syndicats déplorent également le défaut de partage des résultats de l’audit portant sur les rappels dus aux enseignants, dont la publication était attendue en août 2026.
À ces griefs s’ajoutent, selon le G7, le non-paiement de certaines indemnités à la fin des examens et les retards enregistrés dans la digitalisation du processus de traitement de ces paiements. Les organisations syndicales pointent aussi les difficultés liées au parachèvement de la Formation diplômante universelle (FDU), au non-respect de son calendrier ainsi qu’à l’application du décret n° 2026-65 relatif aux décisionnaires à tort.
Pour les syndicats, ces retards témoignent d’un décalage entre les engagements pris lors des négociations et leur traduction effective sur le terrain. Ils estiment que la persistance de ces difficultés compromet la confiance entre les partenaires sociaux et les autorités gouvernementales.
Des difficultés qui dépassent le protocole d’accord
Le G7 attire également l’attention sur d’autres problèmes affectant le fonctionnement du système éducatif. Il cite notamment la réapparition des retards de paiement des salaires des enseignants contractuels, les difficultés liées au calendrier de la FASTEF pour le troisième regroupement des stagiaires de la FDU et le retard dans le versement de l’enveloppe financière globale prévue.
Dans un secteur où la régularité des enseignements constitue un enjeu majeur, ces revendications font planer le risque de nouvelles interruptions des cours, quelques jours seulement après la reprise effective des activités scolaires.
Le regroupement syndical rappelle que la responsabilité d’assurer la continuité du service public de l’éducation incombe au Gouvernement. Il considère que le respect strict du protocole d’accord du 16 avril 2026 demeure indispensable pour préserver un climat social apaisé et garantir le déroulement normal de l’année scolaire.
En annonçant cette grève d’avertissement, le G7 adresse ainsi un nouveau signal aux autorités. Comme le rapporte Sud Quotidien, les syndicats les appellent à honorer leurs engagements afin d’éviter une aggravation du conflit social et de nouvelles perturbations susceptibles d’affecter les élèves ainsi que le calendrier scolaire.

