Dakar : cinq suspects interpellés après le vol de 32 climatiseurs d’une valeur de plus de 70 millions de FCFA

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar vient de mettre au jour un réseau présumé impliqué dans une série de vols de climatiseurs commis au préjudice d’un chantier situé à proximité du rond-point de la Gare. Cinq individus ont été interpellés dans le cadre de cette enquête portant notamment sur des faits présumés d’association de malfaiteurs, de vols multiples commis en réunion la nuit avec usage d’un véhicule ou d’un moyen roulant, de complicité et de recel.

L’affaire a débuté le 2 septembre 2026, à la suite du dépôt d’une plainte faisant état du vol de 32 unités extérieures de climatisation. Selon les éléments communiqués par la police, le préjudice est évalué à plus de 70 millions de francs CFA, ce qui représente une valeur moyenne supérieure à deux millions de francs CFA par équipement.

Des vigiles soupçonnés d’avoir facilité les intrusions

Dès les premières investigations, les enquêteurs ont orienté leurs recherches vers l’environnement professionnel du site. Les soupçons se sont rapidement portés sur des vigiles chargés de la sécurité d’un chantier de construction.

Selon les éléments de l’enquête, les suspects présumés auraient élaboré un stratagème permettant de neutraliser temporairement le dispositif de vidéosurveillance. Des vêtements étaient utilisés pour masquer les caméras et ainsi faciliter l’intrusion nocturne d’un complice.

Une fois à l’intérieur du site, celui-ci aurait procédé à l’évacuation des équipements volés au moyen d’un pousse-pousse. Les investigations ont permis dans un premier temps l’interpellation de deux gardiens. L’un d’eux serait passé aux aveux et aurait révélé que les opérations ne se limitaient pas au vol constaté le 2 septembre, mais auraient commencé plusieurs mois auparavant.

Les équipements dérobés étaient ensuite cédés à des prix particulièrement bas à un receleur présumé. Les climatiseurs étaient vendus entre 20 000 et 25 000 francs CFA l’unité, alors que leur valeur réelle était, selon les informations communiquées par la police, considérablement plus élevée.

Un troisième vigile et un receleur appréhendés

La poursuite des investigations a conduit à l’interpellation d’un troisième vigile. Celui-ci aurait à son tour reconnu son implication et admis percevoir régulièrement une part des sommes issues de la vente des équipements dérobés.

Les enquêteurs ont ensuite mis la main sur un receleur présumé. Interrogé sur son rôle dans le réseau, ce dernier aurait reconnu avoir transporté quatre climatiseurs volés au cours de la seule nuit du 2 septembre 2026.

Ses déclarations ont permis aux policiers de remonter jusqu’à un ferrailleur établi au quartier de Bel-Air, présenté comme le destinataire des équipements. Sur place, les enquêteurs ont découvert que les climatiseurs n’étaient plus intacts.

Les équipements découpés pour récupérer le cuivre

Les unités avaient déjà été sectionnées et découpées afin d’en extraire le cuivre. Quatre sacs contenant le métal récupéré ont été saisis et versés au dossier de l’enquête.

Le ferrailleur aurait reconnu avoir acheté les quatre climatiseurs pour la somme globale de 150 000 francs CFA. Cette découverte met en lumière le mode opératoire présumé du réseau, qui consistait à transformer rapidement les équipements volés en matériaux destinés à la revente.

La police indique que les cinq personnes interpellées ont été placées en garde à vue après notification de leurs droits, notamment celui de bénéficier de l’assistance d’un avocat. Les investigations se poursuivent afin d’identifier les autres éventuels complices et de retrouver la trace de l’ensemble des équipements qui auraient été dérobés au cours des mois précédents.

La Sûreté urbaine entend ainsi poursuivre ses investigations pour déterminer l’ampleur exacte du réseau et établir les responsabilités de chacun des mis en cause.

Dans son communiqué, la police réaffirme sa mobilisation et invite les citoyens disposant d’informations susceptibles d’aider les enquêteurs à les transmettre au numéro vert 800 00 17 00. L’objectif est notamment de permettre aux enquêteurs de remonter la filière du matériel volé et de déterminer si d’autres personnes ou sites pourraient avoir été victimes du même réseau.

Saphiétou Mbengue
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