Monsieur le Président de la République,
Si nous sommes d’accord pour dire que faire de la politique, c’est participer à la gestion du pays et travailler au bien-être de tous, alors il faut aussi reconnaître que la vie d’une nation ne se résume pas à organiser des élections.
Lorsque vous avez prêté serment en avril 2024, vous avez hérité d’un pays confronté à de grosses difficultés. Malgré ce contexte compliqué, les Sénégalais vous ont fait confiance à 54 % dès le premier tour, en plaçant en vous l’espoir d’un nouveau départ. Quelques mois plus tard, ils vous ont encore soutenu lors de l’organisation des élections législatives anticipées, en novembre 2024.
Deux années ont passé. La situation politique a certes changé, mais le quotidien du Sénégalais ordinaire reste marqué par des problèmes qui ne peuvent plus attendre.
Aujourd’hui, c’est la marmite de Ndiek qui interpelle la République et c’est la poche de Goor qui demande des réponses. Ndiek et Goor représentent ici les millions de familles qui se lèvent chaque matin avec une question devenue essentielle : comment nourrir la famille aujourd’hui ?
La démocratie élective est indispensable. Mais elle ne remplit pas une marmite vide. Elle ne paie pas un loyer devenu trop cher. Elle ne règle pas une facture d’électricité devenue impossible à supporter. Elle ne soigne pas un malade chronique sans moyens. Elle ne donne pas de travail au jeune qui attend depuis des années une opportunité.
Monsieur le Président, la République fait face aujourd’hui à des urgences qui ne peuvent plus attendre.
L’urgence n’est pas de multiplier les élections. Il faut d’abord ramener la paix sociale, redonner de l’espoir aux Sénégalais et répondre à leurs difficultés de tous les jours.
L’urgence, c’est de trouver des solutions durables au coût de l’électricité et de l’énergie, pour que les Sénégalais ne soient pas obligés de revenir à la bougie comme si nous étions retournés à une autre époque.
L’urgence, c’est aussi de garantir notre souveraineté alimentaire, de faire baisser réellement le prix des produits de première nécessité et de permettre à chaque famille de manger dignement trois fois par jour.
Il faut également une vraie politique de logement social. Dans nos grandes villes, les loyers étouffent les revenus modestes. Il faut accélérer les lotissements, faciliter l’accès aux terrains et permettre à chaque Sénégalais d’espérer un jour avoir son propre toit.
Et puis, il y a l’emploi des jeunes, la protection des entreprises et le soutien aux acteurs économiques. Une jeunesse sans avenir finit par perdre patience quand on lui demande d’attendre encore et encore devant une porte qui ne s’ouvre pas.
Monsieur le Président, le peuple ne vous demande pas seulement de gérer les institutions ; il vous demande aussi de faire vivre ses espoirs.
Pendant que les disputes politiques occupent l’espace public, les difficultés, elles, ne choisissent pas leur camp : elles touchent toutes les familles, toutes les catégories sociales et toutes les régions.
Le Sénégalais ne veut pas passer sa vie à attendre. Il ne veut plus seulement survivre ; il veut vivre dignement.
Alors, Monsieur le Président, mettons de côté les querelles qui fatiguent le pays. Concentrons-nous sur l’essentiel : le pouvoir d’achat, l’emploi, l’alimentation, l’énergie, la santé, le logement et la paix sociale.
Le calendrier électoral peut attendre. La souffrance du peuple, elle, n’attend pas.
Organiser des élections régulièrement est une exigence démocratique. Mais gouverner, c’est aussi savoir reconnaître les moments où le pays demande autre chose : pas davantage d’urnes, mais des réponses concrètes.
L’urgence est sociale. L’urgence est économique. L’urgence est humaine.
Et quand le peuple aura retrouvé le sourire, alors les urnes pourront à nouveau parler dans le calme et la sérénité d’une démocratie apaisée.
Alassane Ndiaye
Citoyen sénégalais
alourane2876@gmail.com

