Crise institutionnelle : la coalition Djone réclame le blocage de l’installation de Sonko à l’Assemblée nationale

Au lendemain du limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko, la coalition Djone hausse le ton et demande la suspension de la réunion parlementaire destinée à installer l’ancien chef du gouvernement à la présidence de l’Assemblée nationale. L’opposition évoque des risques institutionnels et sécuritaires.

Le climat politique sénégalais demeure particulièrement tendu après le départ d’Ousmane Sonko de la Primature. La coalition Djone, dirigée par Mohamadou Moustapha Diagne et alliée à Pencum Anskan wi, appelle désormais les autorités à empêcher la tenue de la réunion parlementaire prévue pour installer l’ex-chef du gouvernement au perchoir de l’Assemblée nationale.

Dans une déclaration publique, la coalition considère cette initiative comme une tentative d’« installation de force » portée par la majorité parlementaire de Pastef. Elle demande un gel des activités parlementaires dans l’attente d’un arbitrage juridique sur la légalité de cette procédure.

Djone estime notamment qu’Ousmane Sonko, n’ayant jamais effectivement siégé comme député, verrait son éligibilité à la présidence de l’Assemblée nationale contestée. La coalition annonce ainsi vouloir saisir les juridictions compétentes, notamment le Conseil constitutionnel, afin d’obtenir une clarification rapide.

L’organisation politique évoque également des risques sécuritaires majeurs en cas de maintien de la réunion parlementaire. Selon elle, le contexte actuel pourrait favoriser des troubles à l’ordre public autour de l’hémicycle.

Au-delà de cette bataille institutionnelle, Mohamadou Moustapha Diagne a dressé un bilan particulièrement sévère du passage d’Ousmane Sonko à la Primature. Il accuse l’ancien chef du gouvernement d’avoir fragilisé l’économie nationale à travers, selon lui, une fuite des investisseurs et des tensions avec le Fonds monétaire international (FMI).

La coalition dénonce également une aggravation de la crise sociale, marquée par des mouvements de grève dans les secteurs de la santé et de l’éducation, des retards dans le paiement des bourses étudiantes ainsi que les difficultés persistantes du monde rural.

DJONE critique aussi la gestion des médias, évoquant le retrait de conventions de partenariat et une répartition jugée inéquitable de l’aide à la presse. Sur le plan politique, elle accuse l’ancien Premier ministre d’avoir privilégié une gouvernance « populiste » centrée sur les discours et la reddition des comptes.

Pour sortir de cette impasse, la coalition appelle le président Bassirou Diomaye Faye à engager une nouvelle démarche politique fondée sur le dialogue et l’apaisement.

Elle préconise notamment la consultation des anciens présidents de la République, la libération des détenus politiques, le retrait des bracelets électroniques et la garantie de procès équitables afin de favoriser une stabilisation durable du climat politique national.

L’attention reste désormais focalisée sur la tenue de la réunion parlementaire et la réaction des autorités face à ce mot d’ordre de blocage.

Correspondance particulière de

Al Sal

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