Le Soudan demeure plongé dans une crise humanitaire majeure. La Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Programme alimentaire mondial et UNICEF alertent sur la persistance du risque de famine alors que près de deux personnes sur cinq souffrent d’insécurité alimentaire aiguë.
La situation humanitaire continue de se dégrader au Soudan où près de 19,5 millions de personnes sont actuellement confrontées à des niveaux critiques d’insécurité alimentaire aiguë, selon les dernières données de la Classification intégrée des phases de sécurité alimentaire (IPC).
Dans une alerte conjointe, la Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Programme alimentaire mondial et UNICEF indiquent que plus de 135 000 personnes vivent déjà dans des conditions catastrophiques assimilables à un risque imminent de famine, notamment dans certaines zones du Darfour et du Kordofan-Sud.
Plus de cinq millions de personnes sont en situation d’urgence alimentaire, tandis que 14 millions d’autres se trouvent en phase de crise. Les agences onusiennes craignent une aggravation de la situation durant la période de soudure prévue entre juin et septembre.
Des enfants gravement menacés
La crise nutritionnelle frappe particulièrement les enfants. Les Nations Unies estiment que 825 000 enfants de moins de cinq ans souffriront de malnutrition aiguë sévère en 2026, soit une hausse significative par rapport aux années précédentes.
Entre janvier et mars 2026, près de 100 000 enfants ont déjà été admis dans des centres de traitement de la malnutrition aiguë sévère. Les localités d’Um Baru et de Kernoi ont atteint des niveaux critiques de malnutrition.
Selon Catherine Russell, des enfants arrivent dans des structures sanitaires surchargées « trop faibles pour pleurer ».
Conflit, déplacements et effondrement des services essentiels
Alors que le conflit civil entre dans sa quatrième année, près de neuf millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays. Les infrastructures civiles, notamment les marchés, centres de santé, réseaux d’eau et installations agricoles, ont été largement détruites.
Environ 40 % des structures sanitaires ne fonctionnent plus, tandis que 17 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Les épidémies de choléra, de rougeole, de paludisme et de dengue aggravent encore la situation nutritionnelle.
Les agences humanitaires dénoncent également les nombreuses restrictions entravant l’acheminement de l’aide : insécurité persistante, lourdeurs administratives, attaques sur les voies d’approvisionnement et destruction des moyens de production.
Appel urgent à la communauté internationale
La FAO, le PAM et l’UNICEF appellent à un cessez-le-feu immédiat ainsi qu’à un accès humanitaire sûr et sans entrave.
QU Dongyu a plaidé pour un renforcement immédiat du soutien agricole afin de permettre aux familles rurales de relancer rapidement la production alimentaire locale.
De son côté, Cindy McCain a averti que les organisations humanitaires ne pourront pas faire face seules à cette crise sans un engagement financier massif de la communauté internationale.

