Lancée conjointement par le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), la Mission 300 enregistre des résultats encourageants. Plus de 50 millions d’Africains ont déjà été raccordés à l’électricité depuis juillet 2023, une étape majeure vers l’objectif de fournir un accès à l’énergie à 300 millions de personnes d’ici 2030. Cette dynamique repose sur une accélération des investissements, des réformes sectorielles et une coopération renforcée avec les États africains.
L’accès à l’électricité demeure l’un des principaux défis du développement du continent africain. Pour y répondre, le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement ont lancé la Mission 300, une initiative ambitieuse destinée à raccorder 300 millions de personnes à l’électricité d’ici à 2030.
Moins de trois ans après son lancement, le programme affiche déjà des résultats jugés prometteurs. Les deux institutions annoncent que plus de 50 millions de personnes ont désormais accès à l’électricité grâce aux projets soutenus dans le cadre de cette initiative. Un cap qui traduit, selon les promoteurs du programme, une accélération tangible des efforts d’électrification sur le continent.
L’électricité, un levier de développement
Au-delà des chiffres, les responsables de la Mission 300 rappellent que chaque nouveau raccordement transforme concrètement le quotidien des populations.
L’accès à l’électricité permet notamment aux ménages de bénéficier d’un meilleur confort de vie, aux centres de santé de conserver les vaccins dans de bonnes conditions, aux établissements scolaires d’étendre les heures d’étude et aux petites entreprises de développer leurs activités après la tombée de la nuit.
Pour les initiateurs de cette démarche, l’électrification constitue ainsi un puissant levier de croissance économique, de création d’emplois et d’amélioration des services sociaux.
Une approche fondée sur les réformes et les investissements
Contrairement à un projet classique, Mission 300 repose sur une stratégie globale combinant les investissements déjà en cours, les nouveaux financements, les réformes institutionnelles et les partenariats avec les gouvernements africains.
À ce jour, 36 pays ont déjà adopté des pactes nationaux de l’énergie destinés à lever les principaux obstacles au développement du secteur électrique et à accélérer l’exécution des projets.
Cette approche est soutenue par une vaste coalition de partenaires internationaux, parmi lesquels figurent notamment la Fondation Rockefeller, l’Alliance mondiale de l’énergie pour les populations et la planète (GEAPP), Sustainable Energy for All (SEforALL) ainsi que plusieurs institutions de développement.
Une accélération mesurable
Les résultats enregistrés illustrent une nette progression du rythme des raccordements.
Le Groupe de la Banque mondiale indique avoir connecté 12 millions de personnes entre juillet 2023 et juin 2024. Quelques mois plus tard, ce chiffre avait déjà progressé de 20 millions supplémentaires, témoignant d’une accélération significative.
De son côté, la Banque africaine de développement souligne que ses opérations ont permis de raccorder 5,2 millions de personnes en moins de deux ans et demi, contre 9,6 millions durant les onze années précédentes.
Ces performances sont attribuées à une meilleure coordination entre les États, les partenaires techniques et financiers ainsi qu’à une méthodologie commune permettant de mesurer avec précision les résultats obtenus.
Le Sénégal parmi les pays engagés
Parmi les quarante pays participant à l’initiative figurent notamment la Tanzanie, le Nigeria, le Niger, l’Ouganda, la Sierra Leone, l’Angola, la Guinée-Bissau, le Mozambique et le Sénégal, où plusieurs programmes d’extension du réseau électrique sont également mis en œuvre.
Les responsables de la Mission 300 estiment que les progrès déjà enregistrés démontrent qu’il est possible d’accélérer sensiblement l’accès universel à l’énergie lorsque les investissements, les réformes réglementaires et la coopération internationale avancent de manière coordonnée.
Maintenir l’élan jusqu’en 2030
Si le seuil des 50 millions de bénéficiaires constitue une étape importante, les promoteurs de l’initiative rappellent que le défi reste immense.
Des centaines de millions d’Africains demeurent encore privés d’électricité, particulièrement dans les zones rurales. Atteindre l’objectif fixé nécessitera donc la poursuite des investissements dans les réseaux nationaux, le développement des mini-réseaux, l’essor des systèmes solaires et une amélioration continue de la gouvernance du secteur énergétique.
Pour le Groupe de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, les résultats obtenus démontrent néanmoins que la trajectoire est désormais bien engagée. Avec une méthodologie harmonisée, des mécanismes de suivi transparents et une mobilisation croissante des partenaires, Mission 300 entend poursuivre son accélération afin de faire de l’accès universel à l’électricité un moteur du développement économique et social de l’Afrique. Comme le soulignent les responsables de l’initiative, les progrès enregistrés traduisent déjà l’impact concret d’une action coordonnée à l’échelle du continent.

