Climat social tendu à la SETER : les délégués du personnel dénoncent des intimidations et réclament un dialogue social d’urgence

Le Collège des délégués du personnel de la SETER dénonce une dégradation continue du climat social au sein de l’entreprise. Dans un communiqué, il évoque des tentatives d’intimidation contre des salariés mobilisés, des entraves au fonctionnement des représentants du personnel et appelle à l’ouverture d’un dialogue social sincère.

La tension sociale continue de monter au sein de la Société d’Exploitation du Train Express Régional (SETER). Dans un communiqué rendu public, le Collège des délégués du personnel fait état d’une situation jugée préoccupante, marquée par des tensions croissantes entre les travailleurs et la direction.

Les représentants du personnel dénoncent notamment des tentatives d’intimidation visant des agents ayant choisi de porter un brassard rouge, symbole d’une mobilisation qu’ils présentent comme pacifique et conforme au droit du travail.

Selon le communiqué, plusieurs conducteurs auraient été interpellés puis entendus par les éléments de la gendarmerie de la Ligne à Grande Vitesse Ferroviaire (LGTF) à la suite de la visite des plus hautes autorités de l’État sur le tronçon Diamniadio–AIBD. Une situation qui aurait suscité une vive inquiétude parmi les salariés.

Le Collège des délégués affirme également que la direction aurait changé les serrures du local réservé aux représentants du personnel sans les en informer, les privant ainsi de leur espace de travail. Les délégués dénoncent aussi le blocage du groupe de messagerie interne utilisé pour communiquer avec les travailleurs, estimant qu’il s’agit d’atteintes au libre exercice de leur mandat.

Au-delà de ces incidents, les représentants des salariés dressent un tableau plus général du malaise social qui traverse l’entreprise. Ils évoquent une dégradation des conditions de travail, un déficit de dialogue social, une absence de perspectives de carrière, un manque de transparence dans les promotions internes ainsi qu’une insuffisante reconnaissance des contraintes liées au métier ferroviaire.

Le communiqué insiste particulièrement sur les risques auxquels seraient exposés les travailleurs. Les délégués estiment que les agents exercent dans des environnements dangereux sans bénéficier d’une prime de risque, tout en soulignant une dégradation préoccupante de leur état de santé malgré une moyenne d’âge d’environ 34 ans.

Les représentants du personnel estiment que ces difficultés interviennent au moment où le secteur ferroviaire connaît une phase de développement importante, avec l’extension annoncée des dessertes vers l’Aéroport international Blaise Diagne et la future mise en service de la gare de Sébikhotane.

Ils attirent également l’attention sur un vide juridique qu’ils jugent préjudiciable. Selon eux, les travailleurs du rail demeurent soumis à la convention collective des transports routiers, un cadre qu’ils considèrent inadapté aux spécificités techniques et aux risques propres au transport ferroviaire. Ils plaident ainsi pour l’élaboration d’une convention collective spécifique au secteur.

Face à cette situation, le Collège des délégués du personnel appelle à la fin de toute forme de pression sur les travailleurs, à la reprise d’un dialogue social inclusif et à une prise en compte rapide des principales revendications du personnel. Les représentants assurent toutefois que leur mobilisation demeure pacifique et qu’ils restent disposés à engager des discussions constructives avec la direction afin de parvenir à un climat social durablement apaisé.

Pape Ismaïla CAMARA
Up Next

Related Posts