La mise en place d’une zone de sécurité de 200 mètres autour de la centrale électrique de Bargny-Sendou continue de susciter la controverse. Des acteurs environnementaux, des propriétaires fonciers et des femmes transformatrices de produits halieutiques dénoncent notamment un recensement qu’ils jugent incomplet des personnes affectées et réclament la prise en compte de leurs droits.
Selon Sud Quotidien, les différentes parties prenantes se sont réunies pour alerter sur les conséquences sociales et économiques de l’application de cette mesure. Daouda Larry Gueye, président du Réseau des associations pour la protection de l’environnement et de la nature (RAPEN), rappelle que cette zone de sécurité découle du Code de l’environnement et pourrait être étendue en fonction du niveau de risque lié aux installations.
Mais au-delà des nouvelles constructions et des activités agricoles, les acteurs locaux estiment que la situation des propriétaires de parcelles légalement constituées doit également être prise en considération. Daouda Larry Gueye déplore que ces détenteurs de terrains, ayant obtenu des autorisations de construire et payé des droits au Trésor public, ne figurent pas suffisamment dans le dispositif de prise en charge.
Le responsable environnemental avance le chiffre de 1 433 parcelles potentiellement concernées, ce qui pourrait représenter près de 14 000 personnes. Il estime par ailleurs que les 72,5 hectares visés par le décret d’utilité publique, dont 29 hectares attribués à la centrale pour un montant de 1,4 milliard de francs CFA, auraient pu contribuer davantage à l’indemnisation des personnes impactées.
La situation préoccupe également les femmes transformatrices de poisson installées depuis plusieurs décennies sur le site de Khelcom, à proximité de la centrale. Leur présidente, Diaba Seck, également conseillère municipale, rappelle que la transformation des produits halieutiques constitue une activité économique essentielle à Bargny.
Selon elle, ce secteur représente près de 70 % de l’économie locale liée à la pêche. Elle dénonce surtout l’absence de nombreuses femmes transformatrices dans le recensement des personnes affectées. Ces dernières craignent de perdre leur activité et leurs revenus si la zone de sécurité est appliquée sans mesures d’accompagnement.
Les femmes réclament ainsi la construction d’un site moderne de transformation des produits halieutiques et la prise en compte de leurs droits dans toute opération de déplacement ou de réaménagement.
Pour Sud Quotidien, les inquiétudes exprimées ne se limitent toutefois pas aux questions foncières. Les acteurs locaux souhaitent également une meilleure prise en charge des risques environnementaux et sanitaires liés au fonctionnement de la centrale électrique, ainsi qu’une protection renforcée des communautés riveraines.

