Le Sénégal a pris part à une importante rencontre consacrée à l’avenir de l’éducation catholique en Afrique. Du 5 au 8 août, Addis-Abeba a accueilli la première Conférence continentale sur l’éducation catholique, organisée par le Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM). La rencontre a réuni quelque 120 participants venus de plusieurs pays africains et de Madagascar.
Les travaux ont abouti, le 7 août, à l’adoption de la Déclaration d’Addis-Abeba sur l’Éducation catholique. Selon les informations rapportées par emedia.sn, le Sénégal était représenté par Mgr Jean-Baptiste Valter Manga, évêque de Ziguinchor et chargé de l’enseignement au sein de la Conférence épiscopale, ainsi que par Sœur Odile Kama, secrétaire générale de l’Office national de l’enseignement catholique.
Cette participation témoigne de l’implication de l’Église catholique sénégalaise dans les réflexions sur l’avenir de l’enseignement catholique sur le continent. Évêques, responsables d’universités et d’établissements scolaires, membres d’instituts religieux, prêtres, laïcs et jeunes ont notamment échangé sur les défis auxquels le secteur est confronté.
La Déclaration d’Addis-Abeba fixe douze engagements destinés aux écoles, collèges, universités et séminaires catholiques. Elle réaffirme le rôle de l’école catholique comme instrument d’évangélisation et de développement humain intégral, tout en rappelant le droit de chaque enfant à une éducation de qualité.
Le document insiste également sur la responsabilité des familles, considérées comme les premiers éducateurs. Il s’inscrit dans la continuité de plusieurs textes de référence de l’Église catholique, dont « L’École catholique », publié en 1977, ainsi que « Familiaris Consortio », le Pacte éducatif global et le Document de Kampala.
Les participants ont également relevé les difficultés qui affectent l’éducation en Afrique : pauvreté, conflits, déplacements de populations, chômage, inégalités, changement climatique et transformation numérique. L’évolution des repères sociaux et moraux constitue également un défi pour les établissements.
Dans le même temps, la déclaration identifie les nouvelles technologies, la recherche et l’innovation comme des opportunités. Pour la première fois à ce niveau continental, l’intelligence artificielle fait notamment l’objet d’un engagement spécifique. Les participants appellent à son utilisation de manière responsable et éthique dans l’enseignement, la recherche et la gestion administrative.
Selon toujours emedia.sn, les douze engagements concernent également le renforcement de l’identité catholique des établissements, l’excellence académique, la formation spirituelle et morale des apprenants et la formation continue des enseignants. La protection des enfants et des personnes vulnérables figure aussi parmi les priorités, avec l’objectif de faire des établissements catholiques des espaces sûrs et inclusifs.
Une attention particulière est accordée aux populations les plus fragiles, notamment les personnes pauvres, les personnes handicapées et les communautés déplacées. La déclaration encourage par ailleurs l’éducation écologique et l’amélioration des conditions de travail ainsi que du bien-être des enseignants.
La gouvernance constitue un autre axe important. Les conférences épiscopales sont invitées à faire de l’éducation catholique une priorité pastorale et à créer des structures nationales chargées de son suivi. Les gouvernements sont, de leur côté, appelés à reconnaître la contribution des établissements catholiques au développement des pays.
Pour assurer le suivi des engagements, les participants recommandent la création d’une Commission épiscopale du SCEAM pour l’Éducation catholique. Cette structure devrait notamment élaborer un cadre continental, mettre en place des mécanismes d’évaluation et accompagner les conférences épiscopales dans l’élaboration de plans nationaux.
Pour emedia.sn, qui a rendu compte de cette rencontre, la conférence d’Addis-Abeba ouvre ainsi un nouveau chantier pour l’Église catholique, confrontée aux mutations technologiques et aux profondes transformations sociales du continent.

