CEDEAO : des perspectives économiques encourageantes, avec une croissance de 7,1 % à l’horizon 2027 malgré les défis de sécurité alimentaire

La Commission de la CEDEAO a publié son rapport « Perspectives Économiques Régionales 2025-2027 ». Le document prévoit une accélération de la croissance en Afrique de l’Ouest, tout en alertant sur les menaces persistantes liées à l’insécurité alimentaire, au changement climatique et aux fragilités économiques.

La Commission de la CEDEAO a rendu public, mardi 9 juin 2026, son rapport intitulé « Perspectives Économiques Régionales 2025-2027 » (PERC), une publication de référence consacrée à l’évolution des économies ouest-africaines et aux grands défis de développement auxquels la région demeure confrontée.

Dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques persistantes, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et une reprise économique encore fragile, le document met en évidence la résilience affichée par les économies de l’Afrique de l’Ouest au cours des dernières années.

Selon les projections de la Commission, la croissance du produit intérieur brut réel de la région est passée de 3,6 % en 2023 à 4,3 % en 2024. Cette dynamique devrait se poursuivre avec une progression attendue de 4,8 % en 2025, 5 % en 2026 et 7,1 % en 2027.

Cette évolution favorable serait notamment portée par l’expansion des secteurs de l’énergie, des industries extractives, des infrastructures ainsi que des services financiers et numériques, devenus des moteurs majeurs de croissance dans plusieurs États membres.

Malgré ces perspectives encourageantes, la CEDEAO souligne que plusieurs facteurs de risque continuent de peser sur les économies régionales. Parmi eux figurent les tensions inflationnistes, l’augmentation de l’endettement public, les effets du changement climatique, les perturbations commerciales ainsi que les incertitudes sécuritaires qui affectent certaines zones de la région.

Le rapport consacre une large place à la question de la sécurité alimentaire, présentée comme l’un des principaux défis de développement de l’espace communautaire. En 2024, plus de 34,7 millions de personnes avaient besoin d’une assistance alimentaire urgente dans la région.

La Commission relève que les systèmes alimentaires restent fragilisés par plusieurs facteurs structurels, notamment la forte dépendance aux importations, les aléas climatiques récurrents, les pertes post-récolte, le déficit d’infrastructures d’irrigation et certaines restrictions commerciales ponctuelles.

Tout en saluant les progrès enregistrés dans le cadre de la Politique agricole de la CEDEAO (ECOWAP), le rapport insiste sur la nécessité d’une meilleure harmonisation entre les stratégies nationales et les engagements communautaires. Il met également en avant l’importance du Système régional d’information agricole (ECOAGRIS) et de la Réserve régionale de sécurité alimentaire pour renforcer la résilience des populations.

Les auteurs du rapport considèrent par ailleurs que l’intégration régionale demeure un levier incontournable pour accélérer la transformation économique de l’Afrique de l’Ouest. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le développement des chaînes de valeur agroalimentaires, l’industrialisation et l’amélioration des infrastructures de transport sont identifiés comme des opportunités majeures.

Pour soutenir une croissance durable et inclusive, la CEDEAO recommande notamment le renforcement de la mobilisation des ressources intérieures, une meilleure gestion des finances publiques, l’accélération des investissements agricoles, la promotion de la mécanisation et de l’irrigation, ainsi que la réduction des barrières au commerce intra-régional.

À travers ce rapport, l’organisation régionale réaffirme sa volonté d’accompagner les États membres dans la mise en œuvre de politiques favorisant la stabilité macroéconomique, la sécurité alimentaire et l’intégration régionale, conformément aux ambitions de sa Vision 2050.

Momar Diack SECK
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