La finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations entre le Maroc et le Sénégal continue de susciter de vives réactions. Cette fois, nous informe lesoleil.sn, c’est une figure respectée de l’arbitrage africain, l’ancien arbitre international FIFA Malang Diedhiou, qui sort du silence pour dénoncer de graves dysfonctionnements au sein du système arbitral de la CAF.
La polémique autour de la finale de la CAN Maroc–Sénégal ne faiblit pas. Bien au-delà du terrain, elle met désormais en lumière un malaise profond au sein de l’arbitrage africain. Invité sur les antennes de la RTS, Malang Diedhiou, ancien arbitre international FIFA, président de la Commission centrale des arbitres du Sénégal et membre du Comité exécutif de la Fédération sénégalaise de football, a livré une analyse sans concession.
Qualifiant la prestation de l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala de « scandaleuse », l’ex-sifflet sénégalais, par ailleurs colonel des Douanes, a tenu à dépasser la simple critique technique. Selon lui, les problèmes observés lors de cette finale traduisent un dysfonctionnement structurel plus grave, marqué par des ingérences répétées dans la gestion de l’arbitrage continental.
« Je faisais partie de la commission des arbitres, je sais pourquoi j’ai quitté : parce que je disais non. On ne peut pas accepter l’immixtion et l’ingérence de certains dirigeants dans la désignation des arbitres », a-t-il déclaré, confirmant ainsi des soupçons longtemps évoqués dans les coulisses du football africain.
Malang Diedhiou pointe également un vide institutionnel préoccupant à la Confédération africaine de football. Depuis le CHAN, le poste stratégique de directeur de l’arbitrage de la CAF est resté vacant, à la suite d’un limogeage jamais officiellement expliqué. Or, ce responsable était chargé du suivi des arbitres, de l’évaluation de leurs performances et de la préparation technique d’une CAN organisée au Maroc, sous forte exposition médiatique.
Les conséquences de cette situation se sont rapidement fait sentir, selon lui. Une commission affaiblie, des arbitres au vécu international limité et des assistants peu expérimentés ont été désignés pour officier lors de rencontres décisives, jusqu’à la finale elle-même, souligne lesoleil.sn, qui revient en détail sur cette sortie médiatique remarquée.
L’ancien arbitre évoque aussi une décision lourde de conséquences prise à quelques mois de la CAN. En juillet 2025, Doué Noumandiez, alors directeur du développement de l’arbitrage de la CAF et figure respectée du milieu, est écarté sans rapport public ni faute officiellement établie, à seulement cinq mois de la compétition.
Dans la foulée, Safari Olivier Kabene, ancien arbitre assistant congolais, est nommé à la tête de la Commission centrale des arbitres, au détriment de profils plus chevronnés comme le Gambien Bakary Gassama ou l’Égyptien Essam Abdel-Fattah. Un choix qui interroge, d’autant plus que la CAF avait envisagé, un temps, le recours à des arbitres européens ou sud-américains pour renforcer la crédibilité de la CAN, avant d’abandonner cette option sans explication, rappelle encore lesoleil.sn.
Pour Malang Diedhiou, l’arbitrage est aujourd’hui l’un des maillons les plus fragiles du football africain. Sans indépendance, transparence et protection contre les influences, aucune compétition ne peut durablement prétendre à l’excellence. Sa prise de parole sonne ainsi comme un avertissement clair sur un système en dérive et relance le débat sur la nécessité d’une réforme profonde et urgente de l’arbitrage au sein de la CAF.

