Grève de 72 heures dans l’enseignement : pourquoi l’OIS préfère poursuivre les cours

Alors que plusieurs syndicats de l’enseignement ont appelé à une grève de 72 heures, l’Organisation des instituteurs du Sénégal (OIS) a décidé de ne pas se joindre au mouvement. Son secrétaire général national, Babacar Mbaye Ngaraf, justifie cette position par l’absence de concertation préalable, les leçons à tirer des précédentes mobilisations et les perturbations déjà enregistrées dans certaines écoles en raison des inondations.

L’OIS choisit ainsi de maintenir les enseignements, tout en réaffirmant son soutien aux organisations syndicales engagées dans le mouvement. Une position que son secrétaire général national présente comme un choix d’indépendance et de responsabilité syndicale.

Dans une note adressée à ses militants et sympathisants, Babacar Mbaye Ngaraf précise que l’organisation n’est, pour le moment, engagée par aucun mot d’ordre de grève. Selon le quotidien Tribune, le responsable syndical insiste sur le fait que cette décision ne traduit nullement une volonté de se désolidariser des syndicats mobilisés.

Il explique plutôt ce choix par l’absence de concertation préalable, qu’il considère comme une étape indispensable avant toute décision de déclencher une grève. Pour l’OIS, une mobilisation de cette ampleur doit s’appuyer sur une démarche collective suffisamment préparée afin de garantir sa cohérence et son efficacité.

Les leçons des précédentes grèves

Babacar Mbaye Ngaraf invite également les organisations syndicales à tirer les enseignements des mouvements de grève de l’année scolaire précédente. Il évoque notamment les prélèvements opérés sur les salaires des enseignants, qu’il qualifie d’arbitraires, et dont les sommes concernées n’auraient pas été restituées. Il déplore aussi les promesses gouvernementales restées sans suite.

Dans cette perspective, l’OIS estime qu’il convient d’éviter de reproduire les difficultés rencontrées lors des précédentes mobilisations. Son secrétaire général national juge prématuré le mot d’ordre de grève de 72 heures lancé par certains syndicats, tout en réaffirmant le soutien de son organisation aux collègues qui ont décidé d’entrer en mouvement.

Au-delà des divergences sur la stratégie syndicale, le responsable met en avant une autre préoccupation : la préservation du temps scolaire. Il souligne que les inondations dans certaines écoles perturbent gravement les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

Préserver le quantum scolaire

Pour l’OIS, la situation exige une mobilisation collective afin de limiter les perturbations et de préserver le quantum scolaire. L’organisation considère que la poursuite des cours demeure, dans le contexte actuel, une priorité qui doit être prise en compte dans les décisions syndicales.

« Syndicat souverain et responsable », selon les termes de son secrétaire général national, l’OIS entend donc rester fidèle aux décisions prises par ses propres instances. Babacar Mbaye Ngaraf confirme ainsi que son organisation poursuivra les enseignements, sans pour autant renoncer à sa solidarité envers les syndicats engagés dans les revendications.

Dieyna SENE
Up Next

Related Posts