Agriculture, élevage et défis climatiques : le FSRP dévoile aux journalistes économiques une grande ambition pour la souveraineté alimentaire

Le Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de communication et de sensibilisation. Réunis mercredi 20 mai 2026 à la Maison de la Presse Babacar Touré, les responsables du programme et les membres du Collectif des Journalistes Économiques du Sénégal (COJES) ont échangé sur les enjeux liés à la sécurité alimentaire, à l’agriculture résiliente et aux investissements structurants prévus au Sénégal. Une rencontre marquée par l’annonce d’investissements de près de 130 milliards FCFA sur six ans.

À l’heure où les effets des changements climatiques, les tensions économiques mondiales et la volatilité des marchés internationaux fragilisent les systèmes agricoles africains, le Sénégal entend renforcer sa capacité de résilience alimentaire à travers le Programme de Résilience du Système Alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP).

C’est dans cette dynamique qu’une importante session d’information et de mise à niveau a été organisée mercredi à la Maison de la Presse, en partenariat avec le Collectif des Journalistes Économiques du Sénégal (COJES). Cette rencontre a permis de présenter les ambitions du programme, ses axes stratégiques ainsi que les investissements majeurs prévus dans plusieurs secteurs clés du développement rural.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le coordonnateur national du FSRP Sénégal, Mouhamadou Lamine Dia, a rappelé le contexte régional marqué par « les changements climatiques, les crises économiques, les tensions sur les marchés internationaux et la pression démographique », autant de facteurs qui exercent une pression croissante sur les systèmes de production agricole et alimentaire.

Selon lui, le programme vise à apporter « des réponses concrètes et durables aux défis de la sécurité alimentaire » dans l’espace communautaire ouest-africain.

Le FSRP est porté à l’échelle régionale par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, le Conseil ouest- et centre-africain pour la recherche et le développement agricoles et le Centre régional AGRHYMET, avec l’appui de la Banque mondiale et du Fonds international de développement agricole.

Au Sénégal, le programme est placé sous la tutelle du Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage et bénéficie d’un financement d’environ 130 milliards FCFA sur six ans, soit près de 230 millions de dollars américains mobilisés par la Banque mondiale et le FIDA.

Des investissements structurants dans l’agriculture et l’élevage

Au-delà des chiffres, les responsables du programme ont insisté sur les impacts attendus sur les conditions de vie des producteurs, des éleveurs et des communautés rurales.

Le FSRP prévoit notamment la réalisation de 1 000 hectares de fermes agricoles modernes destinées aux Coopératives Agricoles Communautaires afin de promouvoir une agriculture plus moderne, performante et créatrice d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes.

Le programme ambitionne également l’aménagement de 4 700 hectares de périmètres irrigués villageois dans la vallée du fleuve Sénégal afin de sécuriser durablement les capacités de production agricole.

Dans le domaine pastoral, cent parcs à vaccination seront construits sur l’ensemble du territoire national. Les quinze premiers sont déjà en phase de finalisation, selon le coordonnateur national du programme. Ces infrastructures devraient contribuer à améliorer la santé animale et renforcer la résilience du secteur de l’élevage.

Le FSRP entend aussi soutenir les initiatives privées grâce à un mécanisme de financement à coûts partagés destiné aux promoteurs, coopératives et acteurs innovants des chaînes de valeur agricoles et pastorales.

Parmi les autres priorités figurent également la modernisation des postes d’inspection frontaliers et vétérinaires, le financement de la recherche agricole, le développement de solutions numériques et l’appui à l’innovation technologique au service des producteurs.

Les médias, partenaires stratégiques du programme

Une large partie des échanges a porté sur le rôle des médias dans l’appropriation des politiques publiques liées à la sécurité alimentaire et à la résilience climatique.

Face aux journalistes économiques, Mouhamadou Lamine Dia a souligné que « la réussite d’un programme de cette envergure ne dépend pas uniquement des investissements réalisés », mais aussi de la capacité des populations à comprendre les objectifs et les opportunités offertes par le programme.

« Les médias constituent de véritables partenaires stratégiques », a-t-il insisté, appelant les professionnels de l’information à accompagner les transformations engagées dans les territoires.

Trois riches panels animés par des experts ont rythmé la rencontre. Ils ont porté sur la présentation générale du FSRP Sénégal et ses interventions stratégiques, les infrastructures et investissements structurants, ainsi que le rôle des médias dans la vulgarisation des actions du programme.

Les journalistes présents ont multiplié les questions et demandes d’éclaircissements sur plusieurs aspects techniques et économiques du programme afin de mieux informer l’opinion publique et les acteurs économiques.

Ces échanges, jugés particulièrement riches par les participants, ont permis d’approfondir plusieurs enjeux liés à la souveraineté alimentaire, à l’adaptation climatique et au financement du développement agricole.

Le directeur de la Maison de la Presse, Sambou Biagui, a salué le choix porté sur les journalistes économiques sénégalais, qu’il considère comme des acteurs disposant d’une solide expertise sur les questions économiques nationales et sous-régionales.

Une dynamique régionale pour renforcer la sécurité alimentaire

Le FSRP concerne plusieurs pays ouest-africains parmi lesquels le Sénégal, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Togo, le Ghana, la Sierra Leone et le Tchad.

À travers cette initiative régionale, les États membres cherchent à inverser les tendances de vulnérabilité alimentaire en construisant des systèmes agricoles plus résilients face aux chocs climatiques et économiques.

Le programme repose sur une collaboration étroite entre les institutions publiques, les organisations de producteurs et d’éleveurs, les partenaires techniques et financiers ainsi que les collectivités territoriales.

En clôturant la rencontre, Mouhamadou Lamine Dia a annoncé l’organisation prochaine d’autres sessions thématiques avec différentes catégories de médias, notamment les journalistes spécialisés dans l’environnement, l’agriculture, l’élevage, les radios communautaires et les plateformes numériques.

Une manière, selon lui, de renforcer progressivement l’implication des médias dans la diffusion des enjeux liés à la résilience alimentaire et climatique au Sénégal et dans l’espace ouest-africain.

Michel DIEYE

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Michel DIEYE

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