La pression migratoire atteint un niveau inédit à la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta. Selon des informations relayées par APS, citant le quotidien espagnol El Mundo, le gouvernement espagnol a décidé de procéder au retour immédiat des migrants ayant pénétré irrégulièrement sur son territoire, après une arrivée massive de dizaines de milliers de personnes en l’espace de quelques heures.
D’après APS, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, s’est rendu à Ceuta au plus fort de cette crise afin de superviser la réponse des autorités. À cette occasion, il a dénoncé une « violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne » ainsi qu’une véritable « attaque » contre les frontières nationales. Le Premier ministre a assuré que son gouvernement mobiliserait l’ensemble des moyens nécessaires afin de rétablir le contrôle de la frontière et garantir la sécurité du territoire.
Toujours selon APS, qui reprend les informations d’El Mundo, plus de 25 000 migrants auraient déjà été reconduits vers le Maroc dans le cadre d’une vaste opération de retour accéléré. Les autorités espagnoles évoquent un rythme exceptionnel d’environ 150 retours par minute, illustrant l’ampleur du dispositif exceptionnel déployé pour faire face à cette situation.
La crise revêt également une dimension humaine dramatique. Selon le président de la ville autonome de Ceuta, Jesús Vivas, 34 personnes ont perdu la vie lors des tentatives de franchissement de la frontière, un bilan qui souligne les risques encourus par les candidats à l’exil.
Les chiffres communiqués par la police espagnole, repris par plusieurs médias internationaux et relayés par APS, font état d’environ 40 000 migrants ayant franchi jeudi la frontière séparant le Maroc de Ceuta. Parmi eux figurent principalement de jeunes hommes, mais aussi des femmes, des enfants et des familles entières ayant gagné l’enclave espagnole en nageant, en contournant les brise-lames ou en escaladant les barrières frontalières.
Cet afflux migratoire, sans précédent dans l’histoire récente de Ceuta, place Madrid face à l’une des plus importantes crises migratoires qu’ait connues l’enclave espagnole et relance les interrogations sur la coopération entre l’Espagne, le Maroc et l’Union européenne dans la gestion des flux migratoires.

