Drogue, médicaments détournés et IVG clandestines : le vaste coup de filet du Commissariat spécial du tourisme

Le Commissariat spécial du tourisme a conduit neuf individus au parquet, vendredi 11 septembre 2026, dans le cadre d’une affaire mêlant trafic de psychotropes, stupéfiants, médicaments et activités pharmaceutiques clandestines. L’enquête, déclenchée à la suite d’un renseignement opérationnel, a permis la saisie de plusieurs produits et l’identification présumée de fournisseurs.

Une enquête menée par le Commissariat spécial du tourisme a abouti au déferrement de neuf individus au parquet, vendredi 11 septembre 2026. Les personnes concernées sont poursuivies, selon les éléments de l’enquête, pour association de malfaiteurs, détention de substances psychotropes aux fins de trafic, trafic illicite de médicaments, exercice illégal de la profession de pharmacien, mise en danger de la vie d’autrui et complicité d’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Tout est parti, le 7 septembre, de l’exploitation d’un renseignement opérationnel faisant état des activités d’un groupe de jeunes qui organiserait des soirées associant consommation de drogues et autres substances dans un appartement meublé situé à Mermoz Sotrac.

Une descente effectuée sur les lieux a permis aux policiers d’investir l’appartement et de procéder à une perquisition. Sept individus ont été interpellés sur place. Les fouilles ont notamment permis de découvrir des tablettes de comprimés « Alpraz », deux sachets contenant une poudre présentée comme de la MDMA (ecstasy), quatre bouteilles de protoxyde d’azote ainsi que deux sachets de haschich.

Les auditions menées dans le cadre de l’enquête ont permis, selon les enquêteurs, de reconstituer le fonctionnement présumé du réseau et de remonter jusqu’à certains fournisseurs. Les occupants de l’appartement auraient reconnu avoir organisé une soirée nocturne au cours de laquelle plusieurs substances auraient été consommées simultanément, notamment du haschich, de l’ecstasy et de l’« Alpraz ».

L’enquête a ensuite permis d’identifier un revendeur d’« Alpraz » établi au marché « Keur Serigne Bi ». Une opération de commande sous surveillance a conduit à l’interpellation d’un livreur en possession d’un colis contenant ce produit. Les policiers l’ont ensuite conduit à son domicile, situé rue Dial Diop.

La perquisition effectuée à cette adresse a permis de mettre au jour un important stock de produits pharmaceutiques prohibés, contrefaits ou détournés de leur usage initial, dont la valeur est estimée à plusieurs millions de francs CFA.

Parmi les produits saisis figurent 342 boîtes de comprimés Misodia et 13 boîtes de Cytotec, présentés dans le dossier comme étant détournés pour des interruptions volontaires de grossesse clandestines. Les enquêteurs ont également découvert 30 boîtes de Diazépam, 19 boîtes d’Alprazol et 20 boîtes de Tramadol périmé.

La saisie comprenait également différents produits liés à la prise de masse, à l’amaigrissement ou au grossissement, ainsi que des produits aphrodisiaques et 233 tubes de lubrifiants intimes.

Les investigations se sont poursuivies dans d’autres domiciles. Le 9 septembre, une perquisition menée à Sicap Liberté 1 et 3 a notamment permis de découvrir chez l’un des suspects une bonbonne de protoxyde d’azote ainsi qu’une balance électronique de précision, présentée comme pouvant servir aux pesées dans le cadre du trafic.

Les analyses scientifiques ont par ailleurs apporté un élément supplémentaire au dossier. Saisis à la suite des opérations, les échantillons de cristaux bruns ont été soumis à analyse par le Laboratoire national d’Analyse, sur réquisition de la Division de la Police technique et scientifique (DPTS). Les résultats ont confirmé leur positivité à la MDMA, communément appelée ecstasy.

Au terme de cette série d’opérations, neuf individus ont finalement été conduits au parquet. L’enquête aura ainsi permis de mettre en lumière un circuit présumé associant consommation de stupéfiants, distribution de psychotropes et commercialisation de produits pharmaceutiques soumis à réglementation.

Le Commissariat spécial du tourisme indique rester mobilisé contre ces pratiques et invite la population à transmettre toute information utile aux services de police. Un numéro est mis à disposition à cet effet : 800 00 17 00.

Saphiétou Mbengue
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