Huées contre Diomaye Faye : Boubacar Sèye plaide pour une contestation dans le respect républicain

Les huées adressées au Président Bassirou Diomaye Faye lors de son passage à Washington continuent de susciter des réactions. Boubacar Sèye appelle à distinguer la contestation politique du respect dû à la fonction présidentielle. Il invite parallèlement les autorités à mieux prendre en compte les préoccupations de la diaspora sénégalaise.

Les images du Président Bassirou Diomaye Faye hué à Washington ont provoqué une réaction de Boubacar Sèye. Dans une prise de position consacrée à cet épisode, il estime que le désaccord avec le pouvoir peut parfaitement s’exprimer dans un cadre démocratique, tout en préservant la dignité de la fonction présidentielle.

« On peut contester un Président sans humilier l’homme ni la fonction », soutient Boubacar Sèye. Pour lui, la démocratie implique nécessairement la possibilité d’interpeller, de critiquer et de sanctionner politiquement un chef de l’État. Mais cette liberté de contestation devrait, selon lui, s’accompagner d’une distinction entre la personne qui exerce le pouvoir et l’institution qu’elle représente.

L’intéressé reconnaît par ailleurs le droit de la diaspora sénégalaise à exprimer ses frustrations. Les Sénégalais établis à l’étranger, estime-t-il, doivent pouvoir porter leurs revendications auprès des autorités lorsque leurs préoccupations ne sont pas suffisamment prises en compte.

Mais le déplacement du Président de la République à l’étranger revêt, selon lui, une dimension institutionnelle particulière. Le chef de l’État ne représente alors pas uniquement son parti, son gouvernement ou ses partisans, mais l’État du Sénégal.

Dans cette perspective, Boubacar Sèye considère que les images d’un Président sénégalais hué par des compatriotes à l’étranger ne devraient pas être une source de satisfaction. Elles pourraient, à ses yeux, donner une image de division du pays.

Pour autant, il ne préconise nullement le silence de la diaspora. Bien au contraire, il estime que la colère et les frustrations doivent être entendues et prises en compte. La question serait plutôt de savoir comment canaliser ces revendications à travers des mécanismes de dialogue républicain.

Selon Boubacar Sèye, cette responsabilité incombe également au pouvoir. Une diaspora qui se sent écoutée et associée aux décisions qui concernent les Sénégalais de l’extérieur serait davantage disposée, selon lui, à privilégier le dialogue.

Il appelle ainsi à multiplier les espaces d’échanges entre les autorités et les Sénégalais établis hors du pays. La diaspora ne devrait pas être considérée uniquement à travers son apport économique, ses investissements ou son rôle de représentation du Sénégal à l’étranger, mais également comme une composante de la citoyenneté nationale, avec ses attentes et ses désaccords.

« On peut dire non au Président sans dire non au Sénégal », résume Boubacar Sèye. Il invite dès lors les différents acteurs à tirer les enseignements de l’épisode de Washington en privilégiant la discussion plutôt que l’escalade.

Pour lui, le pouvoir, l’opposition et la diaspora ont chacun une part de responsabilité dans la préservation d’un débat politique respectueux. Il appelle ainsi à manifester et à interpeller lorsque cela est nécessaire, mais sans humiliation ni haine.

Cette réaction de Boubacar Sèye se veut donc un plaidoyer pour une contestation démocratique compatible avec le respect des institutions. Il invite les Sénégalais à préserver l’unité, la dignité de l’État et l’image du pays, tout en maintenant pleinement leur droit à la critique.

Michel DIEYE

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