Affaire Boffa Bayotte : la thèse de l’erreur judiciaire se renforce autour de René Capain Bassène

De nouvelles prises de position et révélations viennent relancer le débat autour de la condamnation à perpétuité du journaliste René Capain Bassène, dans l’affaire de la tuerie de Boffa Bayotte. Plusieurs voix évoquent désormais une possible erreur judiciaire.

Le dossier judiciaire de René Capain Bassène continue de susciter de vives controverses. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa supposée implication dans la tuerie de Boffa Bayotte en 2018, ce journaliste spécialisé dans le conflit en Casamance voit la thèse de l’erreur judiciaire prendre de l’ampleur. Selon le quotidien EnQuête, de nombreux éléments nouveaux viennent fragiliser la version ayant conduit à sa condamnation.

Parmi les soutiens les plus marquants figure César Atoute Badiate, chef d’une faction du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), qui conteste formellement toute implication de Bassène. Dans une déclaration transmise au Comité pour la protection des journalistes (CPJ), il affirme que l’intéressé n’a jamais été membre ni porte-parole du mouvement.

Cette prise de position est renforcée par celle de Mark Boulware, ancien envoyé spécial américain pour la Casamance, qui qualifie les accusations de dénuées de sens. Le CPJ, pour sa part, évoque l’une des pires erreurs judiciaires du pays et a lancé une campagne pour la libération du journaliste.

EnQuête rapporte également que des éléments issus d’un podcast du CPJ mettent en lumière de graves irrégularités dans la procédure judiciaire. Plusieurs coaccusés acquittés affirment avoir été contraints, sous la torture, à incriminer Bassène. D’autres témoignages situent le journaliste à Ziguinchor au moment des faits, remettant en cause sa présence sur les lieux du crime.

Au-delà de l’aspect judiciaire, cette affaire soulève des interrogations sur la liberté de la presse et la protection des journalistes. Des universitaires, dont le sociologue Paul Diédhiou, rappellent l’importance du travail de Bassène dans la documentation du conflit casamançais.

Alors que la mobilisation s’intensifie, les soutiens nationaux et internationaux pourraient peser dans une éventuelle révision du procès. L’affaire demeure emblématique des tensions entre justice, sécurité et liberté d’expression au Sénégal. Selon EnQuête, le dossier est désormais suivi avec une attention accrue par plusieurs organisations internationales.

Mamadou Nancy Fall
Up Next

Related Posts